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Plan national de relance : la France envoie sa copie à Bruxelles
Tout un symbole : lors d'une conférence de presse conjointe organisée par Bercy, le ministre des Finances allemand Olaf Sholz et son homologue Bruno Le Maire ont présenté leur plan de relance et de résilience national respectif. Programme qui sera envoyé aujourd'hui à Bercy et qui devrait permettre aux deux pays de toucher une partie des 750 milliards d'euros du fonds de relance européen. Un an après le lancement de l'initiative franco-allemande qui a permis de donner naissance au EU Recovery Fund en juillet 2020, le but des deux États était donc hier de continuer à afficher leur unité et leur volonté commune de faire repartir l'économie de l'UE. "Quand la France et l'Allemagne veulent, l'Europe peut", a ainsi déclaré Bruno Le Maire en introduction de la présentation du PNRR français. L'Espagne et l'Italie ont d'ailleurs également envoyé leur copie à la Commission aujourd'hui, dans une volonté de coordination des quatre principales économies de la zone euro.
Olaf Scholz a rappelé que son pays devrait toucher 26,5 milliards d'euros du fonds européen et que le programme d'investissement allemand, de 80 milliards allait au-delà des critères requis par la Commission pour recevoir les subventions européennes : "90% de nos dépenses seront dédiées au climat et à la numérisation de notre économie, quand l'UE exigeait que 57% des dépenses soient dédiées à ces deux priorités", a déclaré le ministre allemand. La France de son côté, a sollicité un financement de 40 milliards d'euros qui devrait lui permettre de poursuivre trois priorités, qui sont également trois piliers de la Facilité pour la relance et la résilience européenne : l'écologie, la compétitivité ainsi que la cohésion sociale et territoriale. "Tous les investissements présentés dans ce plan national de relance et de résilience sont issus du plan national France Relance présenté par le Premier Ministre le 3 septembre (...) et en cours de déploiement. Le plan de relance européen contribuera au financement du plan de relance national à hauteur de 40%", a rappelé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.
Trois priorités dans le PNRR français
Dans le détail, le volet écologie, d'un montant total de 20,2 milliards d'euros, comprendra notamment 5,8 milliards d'investissements dans la rénovation énergétique, 2,1 milliards dans l'écologie et la biodiversité, 7 milliards dans les infrastructures et la mobilité verte et 5,3 milliards dans les énergies et les technologies vertes. 5,6 milliards seront par ailleurs consacrés à l'amélioration de la compétitivité de l'Hexagone et 15,2 milliards seront dédiés aux investissements pour renforcer la cohésion du pays (7,5 milliards pour la sauvegarde de l'emploi des jeunes et la formation professionnelle et 7,7 autres milliards dans la recherche et le Ségur de la santé ainsi que la cohésion territoriale). Chacun de ces trois piliers du plan d'investissement sera accompagné de réformes structurelles, tels que le projet de loi climat et résilience pour la partie écologie, ou la réforme de l'assurance chômage et du dispositif d'activité partielle pour la partie cohésion. Quid de la réforme des retraites ? "Nous sommes convaincus de la nécessité absolue d'une réforme des retraites dans notre pays et nous n'avons pas eu besoin des conseils de la Commission ou d'autres États pour le savoir. Il sera nécessaire de le faire mais nous devons d'abord attendre que la crise du Covid soit terminée", a répondu Bruno Le Maire.
Un premier versement en septembre au plus tard
La France devra désormais attendre l'évaluation formelle de la Commission européenne de son PNRR puis son adoption par les Ministres des Finances de l'UE au sein de l'Ecofin, potentiellement d'ici la fin du mois de juillet. "Les premiers versements auront lieu au plus tard en septembre. Mais si cela pouvait avoir lieu avant, cela serait mieux pour tout le monde", a déclaré Bruno Le Maire. Dès que toutes les étapes formelles auront été franchies, la France devrait donc recevoir un préfinancement de 13% du plan, ce qui représente une enveloppe de 5,1 milliards d'euros. Une première demande de décaissement devrait ensuite être déposée par la France d'ici fin 2021.
Sachant que le plan France Relance a déjà permis 30 milliards pour soutenir l'investissement des entreprises et des ménages. "Je voudrais également rappeler un fait : le plan de relance national fonctionne bien. Nous avons déjà engagé 30 milliards d’euros, soit 1/3 du plan de relance, en particulier sur : MaPrimeRenov’ ; la digitalisation des PME industrielles ; la relocalisation industrielle qui est un immense succès et qui paraissait hors de portée et sur le soutien aux jeunes : plus d’un demi-million de jeunes en apprentissage pour la première fois de notre histoire", a rappelé Bruno Le Maire.
Ne reste donc plus qu'à attendre que les derniers États valident la décision pour ressources propres qui permettra à l'UE d'emprunter de l'argent sur les marchés. Et à la Commission européenne de passer en revue les 27 PNRR. "Soyons clairs : nous avons été très efficaces l'année dernière lors de l'adoption du plan de relance européen et sur la décision sur l'émission de la dette commune. Depuis lors, nous avons perdu trop de temps. La Chine a repris sa croissance. Les États-Unis sont en plein essor. L'UE doit rester dans la course", a terminé le ministre.
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