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Air France-KLM est une fois de plus sauvé par l’État
Le titre Air France-KLM s’affaisse de 1,8 % ce matin, tandis que le groupe révèle à nouveau une lourde perte d’exploitation. Le transporteur aérien perd 1,2 milliard d'euros au premier trimestre, soit encore davantage que lors des deux derniers trimestres de l’année 2020, son niveau d’activité ayant chuté de 57 % (2,2 milliards d’euros) en glissement annuel.
Tandis que les vols domestiques reprennent en Chine principalement et partiellement aux États-Unis, les vols internationaux ne redécollent pas, toujours en proie aux mesures de lutte contre la propagation du virus. Si bien que le nombre de passagers transportés par les compagnies, principalement Air France, KLM et Transavia, est encore en diminution de 73,4 % sur la période comparé au premier trimestre de 2020 - qui était pourtant déjà en baisse car sujet aux premières mesures de restriction de déplacement. Les compagnies du groupe n’ont déployé que 48 % de leurs capacités par rapport au premier quart de l'année 2019.
Ce ratio d'activité est néanmoins plus élevé que celui de ses concurrents, et ce grâce à la bonne tenue de son métier de cargo dont les recettes s’élèvent à 839 millions d’euros, en hausse de 80 %. Raison pour laquelle la perte la plus importante est portée par la compagnie Air France (-840 millions d’euros de perte d’exploitation), KLM (-337 millions d’euros de perte d’exploitation) étant mieux positionné sur le fret.
Il faudra cependant attendre l’été pour que l'activité du groupe reparte pour de bon, l'avionneur prévoyant une offre comprise entre 55 et 65 % de ses capacités au troisième trimestre par rapport à la période d’avant crise. Ce ratio n’augmentera que de 2 % pour ce trimestre-ci, soit 50 % de ses capacités. Car le premier mois "ne montre pas d'amélioration notable" selon Frédéric Gagey, directeur financier, qui s'est exprimé lors de la conférence de presse de ce matin. Ce dernier - après 25 années au sein d’Air France - laissera par ailleurs sa place le 1er juillet prochain au néerlandais Steven Zaat qui est depuis 2010 directeur financier d’Air France. Cette nomination d’un Néerlandais inverse la tendance : les Gaulois deviendront minoritaires au comité exécutif du groupe.
Le sauvetage français
Si la situation de trésorerie du groupe binational se maintient, c’est essentiellement grâce aux aides du gouvernement français cette fois-ci. L’État a porté sa participation au capital du groupe le 21 avril dernier à 28,6 % soit le double de ce qu’elle était (14,3 %) : cette hausse des parts tient à la conversion en quasi-fonds propres de trois milliards d’euros de prêts qui avaient été octroyés par le gouvernement au début de la crise. En outre, l'État a contribué de 593 millions d’euros à la levée de capital de plus d’un milliard d’euros bouclée par le groupe le mois dernier.
Le bilan d'Air France-KLM s’en trouve renforcé. Sa dette nette, qui était de 12,5 milliards fin mars, est rendue supportable par l’augmentation de ses fonds propres - via la transformation de la dette en fonds propres doublée d’une levée de capital - de quatre milliards d’euros. Le groupe ambitionne d’avoir un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation à horizon 2023 qui ne dépasse pas deux, soit un niveau d'endettement garant de la capacité de l’entreprise à honorer ses créances. L’assemblée générale des actionnaires du 26 mai sera dans ce sens décisive, puisque de nouvelles opérations d’émission de capital pourraient être votées à cette occasion.
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