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Régulation / Concurrence / acpr / AMF / escroquerie / épargnants

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Les arnaques financières restent une priorité du superviseur

Le pôle commun de l’ACPR et de l’AMF, qui publiait hier son rapport d’activité, a observé une recrudescence des escroqueries durant la crise. Une menace qui perdure cette année étant donné l’afflux d’investisseurs particuliers et l’usage croissant du numérique.
FRANCE - PARIS ILLUSTRATIONS
FRANCE - PARIS ILLUSTRATIONS

Les restrictions de déplacement consécutives à la pandémie et la généralisation de l’usage du numérique qui en a découlé chez les investisseurs particuliers ont alimenté l’année dernière une hausse et une diversification inquiétantes des escroqueries financières visant les particuliers. Cette tendance a poussé le pôle commun de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et de l’AMF (Autorité des marchés financiers) à créer récemment un groupe de travail dans la prévention de ces arnaques.

Cette approche plus particulière, après un quotidien intense en la matière en 2020, porte par exemple sur la recherche d’une meilleure efficacité des messages de prévention et sur l’intensification de la collaboration avec d’autres autorités (judiciaire, DGCCRF…). "Elle viendra nourrir le travail au long court mené par le pôle commun", précise Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants à l’AMF et coordinatrice du pôle.

Les confinements ont mécaniquement favorisé les usages d’internet. Mais ils ont également provoqué une forte volatilité des marchés financiers en 2020 dont ont voulu profiter les particuliers – ceux-ci se sont ainsi précipités sur les actions suite à l’effondrement des Bourses en mars-avril, contribuant à la spectaculaire remontée des actions qui ne s’est pas démentie aujourd’hui. L’AMF a ainsi enregistré 602 000 acheteurs d’actions au premier trimestre dernier, soit près du double des niveaux observés en 2019. Et l’année dernière, la Bourse a accueilli plus de 410 000 particuliers qui n’avaient jamais passé d’ordre ou qui étaient inactifs depuis 2018. Soixante millions de transactions ont été enregistrées en 2020 et 18 millions au premier trimestre 2021, contre à peine 25 millions par an les deux, trois années précédentes avant 2019 – qui a vu l’introduction en Bourse de la Française des Jeux.

 

Les escrocs surfent sur les modes

 

Cet afflux d’acheteurs prête d’autant plus à la vigilance qu’il se couple, en raison d’une baisse contrainte de la consommation en raison des confinements, à "une montée très forte de l’épargne financière : le surplus représentait entre 140 et 150 milliards d’euros fin mars", explique Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR. De quoi galvaniser à la fois les particuliers et les arnaqueurs.

"Nous venons de vivre une crise extraordinaire, sanitaire et économique. Une telle situation est très propice à l’affaiblissement de la protection des clients à travers différents canaux", rappelle Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF, amenant à une action précoce du pôle commun en la matière, via des communications publiques dès mars 2020.

Le pôle – qui n’a pas de pouvoir de sanction, lequel relève des autorités judiciaires – a exercé son pouvoir d’alerte en ajoutant près de 1 200 noms ont été ajoutés en 2020 à l’une des cinq listes noires, lesquelles en comptent désormais 2 400 au total.

En 2020, il a observé une augmentation forte des arnaques aux faux placements sur des valeurs refuges traditionnelles, comme le vin ou l’immobilier, mais aussi l’apparition de "nouveautés" comme les places de parking dans les aéroports européens ou les chambres en Ehpad. "L’un des phénomènes marquants est l’usurpation d’identité, jusqu’au clonage de sites internet d’acteurs agréés. Nous avons aussi vu fleurir des propositions de faux livrets d’épargne sur internet, assortis de rendements assez élevés", détaille Nathalie Beaudemoulin Mouratille, directrice du contrôle des pratiques commerciales de l’ACPR. Des offres particulièrement tentantes étant donné la faiblesse persistante des taux d’intérêt.

Le pôle commun s’inquiète également depuis le début de l’année d’une remontée des arnaques au forex avec des effets de leviers très importants, qui contournent les limites fixées par les règles européennes, et de l’apparition de propositions d’investissement sur des titres en capital qui n’existent pas. "Nous y apportons une attention particulière étant donné l’afflux de nouveaux investisseurs", indique Claire Castanet.

 

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