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Gras Savoye / Fusion / cession d'actifs / démantèlement / Willis Towers Watson / Aon
Menace sur la fusion Aon/Willis Towers Watson : une chance pour l’assureur français Gras Savoye ?
Coup de tonnerre dans le ciel de l'assurance : l'acquisition de Willis Towers Watson pourrait tomber à l'eau. Les poursuites engagées par le ministère de la justice américain contre la fusion des courtiers en assurance sèment le trouble sur l’avenir de cette fusion et donc de la cession de Gras Savoye au courtier américain Gallagher. La fusion entre Aon et Willis Towers Watson conditionnant cette cession, si la fusion est avortée, la cession pourrait ne pas avoir lieu.
"Gallagher s'est engagé à conclure l'achat des actifs de Willis Towers Watson dès qu'Aon et Willis Towers Watson auront reçu toutes les autorisations requises", a indiqué l'acquéreur, sollicité par WanSquare. Cette phrase indique implicitement, mais sans ambiguïté, qu'en cas d'échec du rapprochement entre les deux géants, Gallagher ne pourra pas boucler son acquisition.
Malgré les cessions d’actifs organisées par les deux groupes, la justice américaine ne semble pas convaincue. Dans les motivations de la poursuite civile antitrust, le ministre de la justice Merrick Garland, estime que cette fusion engendrerait une diminution de la concurrence et donc une hausse des prix pour les Américains et potentiellement une baisse de la diversité des services et de leur qualité. D'autant qu'il faut rappeler que la fusion entre les deux géants Aon et Willis Towers Watson créerait le premier acteur mondial de ce secteur devant Marsh, enregistrant environ 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Les deux entreprises ont donc rédigé un communiqué commun pour exprimer leur désaccord.
C’est notamment pour éviter ce type de recours que Willis Towers Watson avait décidé de céder Gras Savoye. Toutefois, il ne s’agit pas d’une cession en totalité mais d'un découpage - après un premier projet qui était clairement une vente à la découpe et avait engendré de vives réactions en France. En effet, le courtier Gallagher n'a prévu de faire l’acquisition de 85 à 90% des activités de Gras-Savoye, c’est-à-dire les bureaux en région, l’assurance dommage et l’assurance de personnes. En revanche la partie restante, à savoir l’assurance affinitaire, les marchés spécialisés ainsi que l’activité retraite (en dehors de celle des régions) sera conservée par Aon. Cette partie représente environ 50 millions d’euros du chiffre d’affaires de Gras Savoye. Même revisitée, cette cession suscitait une certaine méfiance chez les acteurs du secteur et chez les clients, qui soulignaient un risque de déstabilisation d'un marché français du courtage déjà malmené.
Pour sa part, Gallagher a tout intérêt à ce que cette fusion se réalise car l'acquéreur qui est aujourd’hui le 4e mondial du courtage pourrait, grâce à la cession de Gras Savoye, s’implanter en Europe et dans l’Hexagone où il n’est pas encore présent.
Malgré les cessions d’actifs mises en place, la fusion est loin d’être finalisée. Tout dépend donc désormais de la décision du ministère de la justice américain qui a le pouvoir de laisser faire cette fusion ou de la faire capoter.
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