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Renault / Luca de Meo / commission / commission européenne

Le coût social de la transition énergétique selon Renault

Luca de Meo, directeur général de Renault, plaide pour une transition progressive vers le tout électrique, car ce changement de motorisation représente un défi de taille pour la filière mécanique française.    
Luca de Meo - Albert Cara / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Luca de Meo - Albert Cara / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Une transition trop rapide vers les véhicules électriques serait nocive pour l'emploi de la filière mécanique en France selon les déclarations de Luca de Meo, directeur général de Renault, lors d'une audition devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationales ce mercredi. La fabrication d'un moteur électrique nécessite nettement moins d'intervention humaine que celle d'un moteur thermique si bien que "la partie traditionnelle de la chaîne de la valeur dans les dix prochaines années va baisser en termes de taille de 25 %", selon une estimation du dirigeant révélée la semaine dernière sur France Inter. Un virage accéléré supposerait donc un coût social important, "la suppression de 50 000 emplois" selon Luca de Meo, en particulier chez les équipementiers automobiles.

Cette prise de parole devant la Commission, une première pour le dirigeant italien, intervient tandis que les normes imposées en vertu de la transition énergétique sont en cours de discussion au sein de l'Union européenne. La Commission devrait présenter la semaine prochaine la nouvelle norme de pollution prévoyant un durcissement des objectifs de CO2 et l'interdiction des moteurs thermiques dans les ventes de voitures neuves en 2035. Une interdiction à laquelle le dirigeant du groupe Renault s'oppose, souhaitant que les véhicules hybrides - à cheval entre le thermique et l'électrique - bénéficient d'un sursis. Car la redirection progressive des salariés dont les postes seront supprimés dans les prochaines années vers des emplois dans les métiers de l'électronique et des batteries requiert du temps. Si ce sursis est accordé, le dirigeant du groupe au losange estime que l'électrification du parc automobile français pourrait générer 350 000 emplois au total.

Afin de former des salariés à ces nouveaux métiers, le gouvernement français a signé ce mardi un partenariat avec l'incubateur européen EIT InnoEnergy afin de former des salariés (150 000 d'ici 2025) dans le secteur des batteries électriques. Une académie européenne de la batterie verra le jour en septembre et trois unités de formation baptisées "gigafactories" seront créées en France entre 2023 et 2026. Le groupe Renault prévoit pour sa part de financier la transformation de compétences de 10 000 de ses employés selon une déclaration de Luca de Meo la semaine dernière.

Une plaidoirie en faveur de "zones de franches vertes"

Renault a en outre demandé aux députés présents lors de l'audition la constitution de "zones franches vertes", soit d'un encouragement fiscal à la transition énergétique moyennant des abattements d'impôts et de charges sociales pour les entreprises concernées. Cela permettrait de réduire l'écart de coût de main-d’œuvre entre la France et ses voisins européens étant donné que "le coût de la main-d’œuvre en France est 34 % plus élevé que la moyenne des pays européens", selon le dirigeant du groupe.

Renault bénéficierait fortement d'une telle mesure compte tenu de ses investissements avenir dans le champ de l'électrique, l'un des piliers de son plan stratégique "Renaulution". Le constructeur prévoit la création d'Electricity dans le nord de la France à Douai, soit de la plus grande usine de véhicules électriques européenne. Elle devrait permettre la fabrication de 400 000 véhicules électriques par an et la création de 8 000 emplois et nécessitera un investissement d'un milliard d'euros. Le groupe français s'est en outre associé à deux partenaires devant lui permettre d'accélérer sa transition. Verkor d'une part, une start-up grenobloise qui s'apprête a construire un centre de recherche et développement en cellule de batterie. Envision d'autre part, un producteur de batteries, détenu à hauteur de 20 % par le groupe Nissan.

Afin d'appuyer sa demande, le groupe français en pleine restructuration a fait valoir devant la Commission sa capacité de remboursement de son Prêt garanti par l'État de cinq milliards d'euros dont quatre milliards ont été tirés par le constructeur. Jean-Dominique Senard, qui conserve la présidence de Renault, affirme donc à cet égard que "l'État n'aura pas un euro à verser pour aider Renault à rembourser ce prêt". Autre argument avancé par Renault : les bienfaits attendus de son plan de transformation qui devrait générer "8 milliards d'euros de PIB pour la France chaque année" selon son directeur général.

 

 

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