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Macro-économie / Taux / Emploi / France / Dares

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France : les deux faces du marché du travail

Tandis que les salariés en chômage partiel n’ont jamais été aussi peu nombreux depuis septembre dernier sous l’effet de la reprise de l’activité, les difficultés de recrutement s’accroissent.
Pyramide du Louvre - Alaattin Dogru / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Pyramide du Louvre - Alaattin Dogru / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

La France a connu une reprise économique telle au sortir du troisième confinement qu’elle a déjoué les pronostics en matière de croissance pour le deuxième trimestre. Et ce n’est certainement pas les chiffres que vient de faire paraître la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares – une direction du ministère du Travail) qui vont venir démentir cet état de fait. En effet, selon l’enquête de cette dernière, en juin, 77 % des salariés travaillaient dans une entreprise dont l’activité est inchangée ou en hausse du fait de la crise (après 71 % en mai), soit une proportion record depuis le début de l’épisode pandémique.

Qui dit rebond économique et desserrement des mesures prophylactiques dit moindre recours aux mesures de soutien gouvernementales. C’est ainsi que le recours au chômage partiel n’a jamais été aussi faible depuis septembre dernier : 1,3 million de salariés auraient effectivement été en activité partielle (soit 7 % des salariés du privé) en juin, soit une chute de près de moitié sur un mois (2,3 millions en mai) après un record au printemps 2020 (ils étaient plus de 8 millions). Dans le détail, cette forte baisse provient du recul du recours à l’activité partielle dans le commerce (-354 000 soit -67 %), l’hébergement-restauration (-268 000 soit -40 %), les activités culturelles et de services aux ménages (autres activités de services ; -127 000 soit -48 %), et dans le transport et l’entreposage (-66 000 soit -30 %).

Mais l’enquête de la Dares menée auprès des entreprises entre le 29 juin et le 14 juillet est également porteuse de nouvelles moins rassurantes. Les difficultés de recrutement se font de plus en plus sentir ; fin juin 2021, tous secteurs confondus, près d’un salarié sur cinq (19 %) travaillait dans une entreprise qui souffre d’un manque de personnel disponible pour travailler. Les entreprises qui font face à des problèmes de manque de personnel indiquent pour la plupart une difficulté à recruter en CDI ainsi que, dans une moindre mesure, en CDD de plus de 3 mois, explique la Dares. En cause ? Le manque de candidats formés dans les métiers concernés. Ce motif est invoqué dans plus de deux tiers des cas (68 %) en partie dans des secteurs où "il s’agit d’un déficit structurel et antérieur à la crise, comme dans l’industrie, la construction, l’information-communication et le secteur privé de l’enseignement et de l’action sociale", note la Dares.

D’autres facteurs sont cités (pour chacun dans 30 % des cas environ). On retrouve ainsi l'exigence des candidats en termes de conditions de travail, des prétentions salariales trop élevées ou encore la prolongation des droits au chômage pendant la crise qui permet aux candidats potentiels d’attendre davantage.

Dans sa dernière enquête de conjoncture, la Banque de France avançait que près d'une entreprise sur deux (48%) indiquait rencontrer des difficultés de recrutement en juillet (contre 44 % en juin) ; un phénomène touchant davantage le bâtiment (54%) et les services (53%) que l'industrie (31%).

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