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Macro-économie / Taux / marché automobile français / véhicule particulier / véhicule électrique / pénurie / semi-conducteurs / Stellantis / Renault

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marché automobile français / véhicule particulier / véhicule électrique / pénurie / semi-conducteurs / Stellantis / Renault

Le marché de l'automobile français continue de s'enfoncer

Le marché de l'automobile français ne se relève toujours pas, subissant la pénurie des semi-conducteurs.
Parking de voitures - PHILIPPE HUGUEN / AFP
Parking de voitures - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les carnets de commandes des constructeurs automobiles sont pleins. Cependant, après l’arrêt lié au Covid-19, la demande de semi-conducteurs a repris fortement et l’offre n'arrive pas à suivre. D'après Jean-Marc Chéry, président-directeur général de STMicroelectronics, dans un entretien accordé à l'Usine nouvelle, "la croissance des véhicules électriques d'ici 2023 plus rapide que prévu (...) augmente le contenu de semi-conducteurs par véhicule. Tout le monde avait prévu cette transformation, mais personne n'avait anticipé son accélération." Les semi-conducteurs manquent alors d'autant plus. De ce fait, les clients attendent 3 à 6 mois pour disposer de leur véhicule neuf, puisque "le modèle opérationnel de la chaîne logistique de l'automobile fait qu'elle demande du temps à s'adapter", indique Jean-Marc Chéry.

Comme la production est au ralenti, les immatriculations de véhicules légers ont diminué de 29,55 % en octobre 2021 en glissement annuel, d'après les chiffres de la PFA. Elles s’établissent à 148 732 le mois dernier. Sur les 10 derniers mois, les immatriculations progressent de 4,84 % (1 741 038) par rapport aux 10 premiers. C’est maigre, quand on sait que l’année 2020 avait été aussi "performante" que 1975. Malgré un début d’année 2021 plutôt dynamique, depuis le mois de juin, le marché de l’automobile s’est considérablement contracté. D’après AAAdata, qui fourni notamment les statistiques à la PFA, "les effets du ralentissement des commandes et des retards de livraison liés à la pénurie de semi-conducteurs s’accentuent".

Renault, dont la nouvelle direction privilégie les marges au volume, voit ses ventes chuter de 38 % au mois d’octobre dernier. Il comptabilise 25,7 % des parts du marché français concernant les véhicules particuliers, derrière Stellantis. Celui-ci occupe 34,5 % part de marché. Il a perdu 4 points depuis le début de l’année. Pour certaines marques, octobre a été cauchemardesque. Par exemple, les immatriculations de véhicules particuliers neufs de Volkswagen se sont contractées de 45 % et celles de Ford de 51 %. A contrario, Dacia et Hyundai ont su tirer leur épingle du jeu avec une hausse respective de 2,8 % et de 10 % de leurs ventes.

Les ventes de diesel poursuivent leur effondrement. Elles ne représentent plus que 21,7 % du marché - un recul de 9,4 points en un an. Cette baisse profite aux hybrides et aux véhicules électriques qui gagnent 12 et 2,9 points de pourcentage pour s’établir à 25,4 % et 8,9 %. En format de véhicules, les berlines sont passées sous la barre des 50 % du marché (49 %), tandis que les SUV et les tout-terrain, poussés par les constructeurs en raison des marges que ces véhicules génèrent, ont progressé à 43 %.

Le marché de l’occasion est également en baisse en octobre (13,3 %). Cependant, "il continue d’évoluer à des niveaux records depuis le début de l’année, avec une augmentation de 9,6 % sur 10 mois et plus de 5 millions de transactions", selon AAAdata. Les modèles les plus anciens, de 10 ans et plus, comptent pour 44 % de ce total.

L'Europe ne produit que 10 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre 40 % il y a trente ans. Ainsi, elle est largement dépendante de fournisseurs situés en Corée du Sud, avec Samsung (qui prévoit presque 200 milliards d'euros d'investissement dans les deux ans à venir), et à Taïwan, avec le leader mondial TSMC. Ces sites industriels, qui représentent plus de la 80 % de la production de semi-conducteurs, ont été largement affectés par les différentes vagues du Covid-19. Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, estime que la résolution de cette crise relève de la responsabilité des entreprises. Pour rétablir une souveraineté technologique dans cette filière, l'Europe doit au minimum représenter 30 % de la production mondiale des semi-conducteurs. En juillet, a été annoncée la création de deux nouvelles alliances pour les processeurs et les semi-conducteurs avec le français Soitec et le franco-italien STMicroelectronics. Jean-Marc Chéry s'attend ainsi à ce que "le marché revienne à la normale au premier semestre 2023".

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