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Macro-économie / Taux / assurance vie / OAT / collecte / décollecte / supports en euros / supports en unité de compte

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assurance vie / OAT / collecte / décollecte / supports en euros / supports en unité de compte

L'assurance française s'est adaptée à la crise

La rentabilité de l'assurance-vie sur les supports en euros diminue de longue date en raison du contexte de taux bas. Pour y faire face, les organismes d'assurance ont adapté leur offre en proposant des supports en unité de compte. Traditionnellement réticents à ces derniers, plus risqués, les épargnants français se tournent progressivement vers eux, un phénomène qui s'est accéléré depuis la crise sanitaire.
Banque de France - Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Banque de France - Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

En 2018, 39 % des ménages métropolitains détenaient des contrats d’assurance-vie, d’après une étude de la Banque de France. En juillet 2019, le taux de l’OAT 10 ans (obligations assimilables du Trésor) est passé pour la première fois dans le négatif et y est resté jusqu’à la fin de l’année 2020 (sauf entre mars et avril 2020). Or ce taux constitue une mesure des revenus des organismes d’assurance. Par ailleurs, depuis 2012, le taux de revalorisation est supérieur à celui de l’OAT 10 ans. Or, le taux de revalorisation mesure une charge pour les assureurs. Par ailleurs, le programme d’achats d’urgence d’actifs doté de 1 850 milliards d’euros, PEPP (pandemic emergency pourchasse programme), lancé par la Banque centrale européenne pour faire face aux conséquences économiques de la crise, a éloigné les perspectives de remontée des taux. Les portefeuilles obligataires deviennent ainsi moins rentables que les contrats en euros garantis aux assurés.

Pour s’adapter à ce changement de situation, les organismes d’assurance ont développé des stratégies incitant les assurés à investir dans les fonds en unités de compte. Sur ces fonds, l’assureur garantit seulement le nombre d’unités et non leur valeur. C’est pourquoi le risque de fluctuation de la valeur est porté par le souscripteur, tandis que les fonds placés sur des supports en euros possèdent un capital garanti et des intérêts acquis une fois versés. Ces fonds représentent 38 % du patrimoine financier des ménages. Un double mouvement s’est alors opéré en 2020 avec une décollecte nette sur les supports en euros (30,9 milliards d’euros) et a contrario un fort dynamisme pour la collecte nette des supports en unité de compte (23,9 milliards d’euros). Cette dernière est encouragée par un rendement plus important.

Ce dynamisme des versements sur les supports en unités de compte s’est même poursuivi alors que les valeurs boursières souffraient de la crise sanitaire. En effet, entre fin septembre 2019 et fin mars 2020, la part des unités de compte dans la collecte brute est passée de 28 % à 40 %, tandis que le CAC 40 chutait de 23 %. Fin juin 2021, la collecte nette sur les supports d’assurance-vie rachetables s’établissait à près de 9,2 milliards d’euros. La décollecte nette des supports en euros (environ 8,6 milliards d’euros) a été plus que contrebalancée par la collecte nette sur les supports rachetables en unités de compte (presque 17,7 milliards d’euros).

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