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Antin Infrastructure Partners souffle le chaud et le froid / Après une année 2022 record sur tous les plans, la collecte ralentit

L’année 2022 a été record à plusieurs titres pour Antin Infrastructure Partners, aussi bien en termes de capitaux levés que d’investissements réalisés, tandis que les commissions de gestion ont bondi sous l’effet justement d’une collecte historique. Mais cette collecte ralentit à présent, conduisant la firme à renoncer à son objectif de marge brute d’exploitation.  
Alain Rauscher et Mark Crosbie, les cofondateurs d’Antin Infrastructure Partners - DR
Alain Rauscher et Mark Crosbie, les cofondateurs d’Antin Infrastructure Partners - DR

Cela ne sautera certainement pas aux yeux de ses actionnaires, le cours de Bourse du premier fonds d’infrastructure français reculant jeudi de 3%, à 16,5 euros, à des nouveaux plus bas depuis son introduction sur Euronext à l’automne 2021. Mais Antin Infrastructure Partners a connu une année 2022 exceptionnelle, terminant l’exercice bien mieux qu’il ne l’avait commencé.

A 214,2 millions d’euros, le chiffre d’affaires réalisé l’an dernier par la firme d’investissement a progressé de 18,6%, sous l’effet d’actifs sous gestion qui ont finalement progressé de 34,9% pour atteindre 30 milliards d’euros, un record pour la firme d’investissement, dont 19,1 milliards d’euros d’actifs sous gestion payants - c’est-à-dire ceux sur lesquels la société a le droit de percevoir des commissions.

Si l’on regarde en arrière, ces mêmes indicateurs avaient augmenté moins vite au premier semestre : de 14,2% et de 12,8% respectivement. Surtout, la rentabilité s’est totalement redressée. Alors que l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) avait diminué de 6,4% sur les six premiers mois de l’année dernière, il a en définitive progressé de 9,3% sur l’ensemble de l’année, à 118,5 millions d’euros, soit une marge de 55%. Des "résultats rassurants, avec des frais de gestion exactement conformes aux anticipations et un Ebitda qui dépasse de 4% les attentes", notent les analystes de Jefferies.

 

Un record de capitaux levés et d’investissements

 

Explication : la collecte sous gestion s’est fortement accélérée au second semestre, pour atteindre 8,2 milliards d’euros, soit le montant le plus élevé jamais collecté par Antin en une seule année. Il faut se souvenir que la rentabilité avait reculé au premier semestre en raison des investissements réalisés pour lancer les stratégies d’investissement Mid Cap et NextGen, et pour préparer la levée du Flagship Fund V. Six mois plus tard, l’augmentation de l’Ebitda profite de la montée en puissance des trois stratégies.

En particulier, les engagements pour le fonds Flagship V s’élevaient à 7,4 milliards d’euros fin 2022, après un premier closing du fonds à plus de 5 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre. Dans le même temps, la collecte pour le fonds NextGen A a continué de progresser, les engagements s’élevant désormais à 1 milliard d’euros, contre 300 millions d’euros fin 2021.

"Tous nos fonds ont réalisé des performances conformes ou supérieures aux prévisions", ont souligné Alain Rauscher et Mark Crosbie, les cofondateurs d’Antin. "Nous avons atteint des niveaux d’activité record", ont-ils ajouté, y compris donc le plus grand montant de capitaux levés, mais pas seulement. Antin a aussi réalisé un record d’investissements : ils ont totalisé 2,7 milliards d’euros l’an dernier, dont huit investissements dans les catégories Flagship, Mid Cap et NextGen.

 

L’objectif de marge devient caduque

 

La déception, s’il y en a une, vient des perspectives. Le groupe vise cette année une croissance "significative" de son Ebitda qui devrait s’établir entre 200 et 240 millions d’euros, soit potentiellement plus du double de 2022, mais le consensus était déjà très optimiste avec une prévision moyenne de 238 millions d’euros.

Surtout, l’objectif de porter la marge d’Ebitda au-dessus de 70% à moyen terme n’est pas confirmé. Il était conditionné à "des conditions de marché stables" alors que l’environnement de collecte des fonds est "plus lent" et s’accompagne d’une "inflation des coûts", observe Antin. Sans s’engager sur un niveau de marge, le groupe fournira dorénavant une prévision d’Ebitda, "de façon cohérente avec son objectif de maximiser la croissance absolue de cet indicateur", a-t-il indiqué.

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