Macro-économie / Taux / Joe Biden / pétrole / Opep+
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Joe Biden / pétrole / Opep+
La Maison Blanche veut refroidir le baril
Après avoir essayé pendant des mois de convaincre l’Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole) d’augmenter sa production de pétrole et de sortir de sa hausse graduelle et mensuelle de la production, le président américain Joe Biden vient d’abattre la carte de l’utilisation des réserves stratégiques américaines. Une action coordonnée avec la Chine, l’Inde, le Japon, la République de Corée et le Royaume-Uni, qui a pour ambition d’arrêter la flambée des prix du pétrole de ces derniers mois.
Si une telle coordination est historique, son impact risque d’être limité puisque les réserves débloquées ne suffiront pas à rassasier la demande de pétrole. Les 50 millions de barils de pétrole qui vont être sortis des réserves américaines constituent à peine quelques jours de consommation aux États-Unis. La marge de manœuvre n’est pas très grande pour la Maison Blanche puisque les stocks stratégiques de pétrole détenus sont de l’ordre de 600 millions de barils. Le communiqué précise qu’il est néanmoins prévu un "réapprovisionnement de la réserve stratégique de pétrole au fil du temps pour répondre aux besoins futurs." Il s'agit donc avant tout de traduire par des actes "l'engagement du président à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire baisser les coûts pour le peuple américain". Car le sujet devient éminemment politique : l’Association automobile américaine AAA a mesuré une hausse du prix du galon sur un an de 60 % aux États-Unis, de quoi fâcher maints électeurs.
Dans le même temps, le président Biden a demandé à la Federal Trade Commission de se pencher sur les marchés du pétrole et du gaz afin d’agir "si des comportements illégaux coûtent aux familles à la pompe". Cette recherche par toutes les façons possibles de baisser les coûts de l’énergie, l’administration Biden y est contrainte par les "objectifs ambitieux du président en matière d'énergie propre", l’un des premiers gestes de l’administration Biden ayant été d’interrompre le projet de l’oléoduc "Keystone" entre le Canada et son voisin. La vraie mesure à même de baisser significativement les prix se trouvant être d’encourager la production de l’or noir sur le sol du pays à bannière étoilée. Un choix qui n’est pas rendu possible par la volonté politique. Après ne pas avoir réussi à faire augmenter la production de l’Opep, l’occupant du bureau ovale ne veut pas s’engager dans cette voie.
La Maison Blanche aura peut-être donc activé un levier qui ne sera pas très efficace sur les prix à la pompe des Américains, mais elle ne pourra plus être taxée d’immobilisme par ces derniers. Il lui va donc sans doute falloir attendre que l’Opep ait reconstitué ses stocks d’avant crise pour voir le cartel et ses alliés augmenter significativement leur production et ramener à un prix plus acceptable le baril.
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