Professions financières / BNP Paribas / JPMorgan / Banque / réglementation
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BNP Paribas / JPMorgan / Banque / réglementation
BNP Paribas est devenue plus systémique avec la crise
Le Conseil de stabilité financière (FSB) a publié hier l’édition 2021 de la liste des 30 banques considérées comme étant d’importance systémique au niveau mondial – un classement fondamental puisqu’il détermine les exigences réglementaires (en capital, en liquidité, en exposition aux risques, etc.) auxquelles les établissements doivent se soumettre. En effet, le FSB regroupe les superviseurs financiers des pays membres du G20 et classe tous les ans, suite à la crise financière, les établissements en fonction de critères de taille, de complexité de leurs activités et du degré de leur interconnexion avec le système financier international. Il a défini cinq catégories (1 regroupant les moins systémiques, 5 les plus systémiques) et leur applique des exigences de coussin de fonds propres au-dessus des planchers fixés par les autorités nationales.
Si la composition de la liste est inchangée par rapport à l’édition 2020, plusieurs établissements changent de catégorie. La pandémie a fait grossir le bilan de certains d’entre eux, qui ont multiplié les prêts pendant la crise, favorisés par la protection des garanties mis en place par de nombreux Etats et la volonté des entreprises de se constituer des liquidités de protection pour mieux passer la période.
La française BNP Paribas, première banque européenne par les actifs, est grimpée de la catégorie 2 à la catégorie 3. Avec un bilan de près de 2 500 milliards d’euros fin 2020 (en hausse de 15% sur un an), elle rejoint l’américaine Citigroup et la britannique HSBC. Elles devront constituer un coussin de capital supplémentaire de 2,5% de leurs actifs pondérés du risque (RWA) au-dessus de leur minimum réglementaire.
Deux autres banques – toutes deux américaines – montent également d’une catégorie : JPMorgan monte dans la catégorie 4. C’est la seule banque à en faire partie. Elle devrait constituer un coussin de capital supplémentaire de 2,5% de ses actifs pondérés du risque (RWA). La catégorie 5 (qui exige un coussin de 3,5%) ne compte aucun établissement.
Goldman Sachs, la première banque d’investissement mondiale, passe de la catégorie 1 à 2. La catégorie 2 compte également Bank of America, Barclays, Deutsche Bank, Bank of China, China Construction Bank, ICBC et Mitsubishi UFJ. Leur exigence en fonds propres supplémentaires est fixée à 1,5%.
Les autres établissements français considérés comme systémiques à l’échelle mondiale (BPCE, le Crédit Agricole et la Société Générale) restent en catégorie 1, notamment aux côtés des helvétiques UBS et Credit Suisse, du néerlandais ING et de la banque d’investissement américaine Morgan Stanley. Leur coussin contracyclique est fixé à 1%.
Les exigences en capital l’appliqueront au 1er janvier 2023.
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