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Elior / croissance / chiffre d'affaires / résultat
Elior demande de la patience à ses actionnaires
Les services de restauration aux entreprises et aux établissements d’enseignement ont subi de plein fouet les mesures de télétravail ainsi que la fermeture des écoles. Acteur majeur de ce secteur, Elior n’y a pas échappé, comme en atteste son compte de résultat. En effet, sur son exercice fiscal 2020-2021, le groupe accuse une perte nette de 100 millions d’euros. En comparaison avec celui de 2019-2020 (-483 millions d'euros), il est nettement meilleur. Pour Philippe Guillemot, directeur général du groupe, l’entreprise a su se montrer résiliente face à la crise sanitaire et ses retombées économiques : "Solide sur ses fondamentaux, Elior a fait mieux que résister. Non seulement notre assise financière a été préservée, - partout - le groupe s’est mis en mouvement pour accélérer sa transformation. Elior est aujourd’hui parfaitement organisé pour retrouver le chemin d’une croissance rentable et durable en misant notamment sur une structure de coûts optimisée et de nouvelles offres toujours mieux adaptées aux attentes du marché", explique-t-il.
Le résultat affiché est d'ailleurs supérieur aux attentes, bien que moins spectaculaires que ceux de ses concurrents Sodexo et Compass, comme l'ont souligné les analystes de Berstein : "Bien que ses prévisions soient plus faibles que celles de ses rivaux, leurs objectifs pour 2024 sont ambitieux, bien supérieurs aux consensus et aux niveaux d'avant le Covid-19".
Le chiffre d’affaires annuel de la société s’est contracté de 7% en glissement annuel, Tombant à 3,69 milliards d'euros. En base comparable la baisse se réduit à 2,9 %. Géographiquement, les activités sur le territoire français représentent 46 % des revenus de la société. Le chiffre d’affaires annuel s’y élève à 1,711 milliard d’euros, soit un repli de 3,8 % en organique. Le premier semestre a été compliqué du fait de mesures restrictives, qui ont été assouplies de manière progressive dans un deuxième temps. À l’international, le chiffre d’affaires atteint 1,975 milliard d’euros. Il s’est replié de 9,5 % en un an, pour une contraction organique de 6,4 %. Le Royaume-Uni a été éprouvé par un confinement particulièrement strict qui a été levé de manière significative qu’en juillet. Aux États-Unis, le marché de l’éducation a ralenti à cause du modèle d’enseignement hybride (distanciel/présentiel). De leur côté, l’Espagne et l’Italie ont connu un net rebond sur le marché de l’éducation. De surcroît, sur le secteur des entreprises du marché italien, les clients d’Elior sont majoritairement industriels et, donc, moins exposés au télétravail.
Sectoriellement, le marché de l’éducation a bien repris par rapport à l’année dernière avec une croissance positive de 5,7 % de son chiffre d’affaires (+7,7 % en base organique), qui s’établit désormais à 1,215 milliard d’euros. Le marché santé et social a lui reculé de 5,3 % (-3,5 % en base organique). Il a généré 1,134 milliard d’euros. C’est sur le segment des entreprises qu’Elior accuse son repli le plus important avec des activités qui ont diminué de 17,2 % (-15,8 % en base organique). Toutefois, il reste celui qui engendre le plus de revenus. En effet, le chiffre d’affaires sur le marché des entreprises est de 1,341 milliard d’euros pour l'exercice fiscal 2020-2021.
Pour 2021-2022, le groupe anticipe une croissance organique d’au moins 18 % avec une marge d'EBITDA (revenu avant intérêts, impôts et amortissements) ajusté comprise entre 2% et 2,5%. À horizon 2024, la société ambitionne de retrouver son niveau de chiffre d’affaires d’avant la crise, soit celui de 2018-2019 qui s’affichait à 4,92 milliards d’euros. La croissance organique annuelle des activités visée est d’au moins 7 % pour 2022-2023 et 2023-2024. La marge d’EBITDA ajusté devrait atteindre environ 4,6 % en 2023-2024. Enfin la reprise de la distribution des dividendes sera prévue dès 2024 sur la base des résultats de l'exercice 2022-2023.
Sur son volet RSE, Elior n'est pas en reste. En effet, il se pose comme objectif de réduire de 12 % ses émissions de gaz à effet de serre (scope 1-2-3) par repas relativement entre 2020 et 2025. Il s'attache également à diminuer de 30 % le gaspillage alimentaire par repas. Enfin, le groupe avance pour 2025 de restreindre ses consommations énergétiques et d'utiliser 80 % d'électricité renouvelable.
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