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Inflation / Etats-Unis
Etats-Unis : l’inflation au plus haut depuis juin… 1982
Il faut remonter au premier mandat de Ronald Reagan pour observer un tel phénomène. En novembre, l’indice des prix à la consommation (CPI) américain a augmenté de 6,8% sur un an, un record depuis juin 1982, d’après les données publiées par le département du Travail. Si en glissement mensuel l’inflation a ralenti par rapport à octobre (0,8% contre 0,9%), son rythme annualisé demeure historiquement élevé – à 9,8%, c’est la onzième plus forte hausse en quarante ans.
Dans la lignée des mois précédents, la dynamique annuelle des prix à la consommation s’explique en partie (2 points de pourcentage) par la hausse des prix de l’énergie liée à la reprise de l’économie mondiale. Par ailleurs, la pandémie ayant provoqué des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement au travers notamment de pénuries de semi-conducteurs, la demande des consommateurs américains s’est massivement reportée vers les véhicules d’occasion. En conséquence de quoi, le prix de ces derniers a crû de plus de 30% sur un an, soit une contribution de 0,9 point à la hausse du CPI.
L’inflation est en train de devenir un problème politique aux Etats-Unis : le président Joe Biden s’est efforcé de rassurer les ménages à la publication de ces nouveaux chiffres historiques. "Les prix du gaz à l'échelle nationale ont baissé par rapport à leur sommet ; les prix dans 20 États sont déjà inférieurs à leur moyenne sur 20 ans et le prix du gaz naturel a baissé de 25 % par rapport à sa moyenne de novembre. En ce qui concerne les voitures, nous avons commencé ces dernières semaines à observer une baisse des prix des voitures d'occasion sur le marché de gros, ce qui devrait se traduire par une baisse des prix pour les Américains dans les mois à venir", a déclaré Joe Biden. En face, Mitch McConnell, chef de file des républicains au Sénat a avancé que ces données confirment "ce que chaque famille américaine sait déjà: l'inflation est hors de contrôle sous la direction des démocrates".
Les yeux des observateurs sont désormais tournés vers le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui se tiendra demain et mercredi. Peut-elle rester sans réagir ? "L'inquiétude de la Fed sera qu'une inflation élevée aujourd'hui puisse alimenter les attentes d'une inflation plus élevée demain, après-demain et ainsi de suite", explique James Knightley, chef économiste chez ING. Pour ne pas donner l'impression d'être attentiste, c'est le tapering (ralentissement du rythme des achats nets d'actifs) qui devrait faire office de variable d'ajustement. "Nous nous attendons à ce que la Fed finisse son tapering en février [contre juin initialement, ndlr]", anticipe l'économiste.
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