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Macro-économie / Taux / Federal Reserve / Joe Biden / Jerome Powell / Régulation

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Federal Reserve / Joe Biden / Jerome Powell / Régulation

Joe Biden prêt à remodeler la Fed

Le Wall Street Journal révèle que Joe Biden pourrait choisir Sarah Bloom Raskin - ancienne secrétaire adjointe au Trésor - pour occuper le poste de vice-présidente de la Réserve Fédérale en charge de la supervision bancaire. Par le passé, elle s’est montrée partisane d’une politique réglementaire assez stricte.
Joe Biden, Président des Etats-Unis - NICHOLAS KAMM / AFP
Joe Biden, Président des Etats-Unis - NICHOLAS KAMM / AFP

Donald Trump avait profondément modifié la sensibilité de la Cour suprême avec ses nominations lors de son mandat, Joe Biden s’apprête à faire de même avec la Réserve fédérale américaine (Fed) si l’on en croit le Wall Street Journal. Ce dernier fait état de la possible nomination de Sarah Bloom Raskin au Conseil des gouverneurs pour y diriger la supervision bancaire, une responsabilité précédemment exercée par Randal Quarles. Les prises de position passées de l'ancienne gouverneur de la Fed (entre 2010 et 2014) dans l'administration Obama sont très éloignées de celles de celui qu’elle pourrait remplacer, le président Joe Biden pourrait ainsi contenter l’aile gauche du parti démocrate qui appelait de tous ses vœux à la nomination d’un profil réglementaire plus strict.

Par le passé, Sarah Bloom Raskin s’était montrée favorable à une application ferme de la règle Volcker - afin de limiter les investissements spéculatifs - et avait critiqué de façon véhémente le trading pour compte propre en mettant en doute son utilité économique. Un choix d'autant plus scruté qu’il s’agit du poste vacant de la Réserve Fédérale le plus important actuellement et que de nombreuses questions vont devoir être tranchées dans les années à venir.

Des problématiques cruciales devront ainsi être étudiées telles que la bonne prise en compte des risques financiers liés au changement climatique, les règles régissant les prêts communautaires ou encore les entreprises de technologie financière. Randal Quarles avait assoupli la réglementation ces dernières années à la suite de sa nomination par Donald Trump, voulant adapter les règles aux risques encourus par les banques. Des changements qui avaient eu l’aval du président de la Fed Jerome Powell, mais ce dernier a également affirmé que le nouveau superviseur aurait les mains libres en termes de réglementation. Des coudées franches pour Sarah Bloom Raskin qui semble provenir de la pression mise par la branche progressiste du parti démocrate sur Joe Biden. Jeff Hauser, le fondateur et directeur du cercle de réflexion Revolving Door Project, a notamment déclaré à Reuters que "l’administration Biden subit une pression considérable pour atténuer l'impact du second mandat de M. Powell sur son programme de réglementation financière et de consolidation des banques, et un vice-président fort pour la supervision, véritablement habilité par le président de la Fed, y contribuerait". La sensibilité plutôt "colombe" de Sarah Bloom Raskin permettrait également de contrebalancer l'arrivée en 2022 de membres votants au sein du Comité de politique monétaire (FOMC) plutôt prompts à lutter contre l'inflation comme Loretta Mester ou James Bullard.

Alors qu’il est sérieusement mis en difficulté par le refus du sénateur démocrate Joe Manchin de voter son plan de réformes sociales, le président des États-Unis a tout intérêt à œuvrer à réunir son parti plutôt qu’à risquer de le diviser. Dans cette logique, parmi les trois candidats au Conseil des gouverneurs cités par le Wall Street Journal comme pouvant être proposés par Joe Biden, on retrouve deux économistes noirs (Lisa Cook et Philip Jefferson) alors que durant son l’histoire la Banque centrale américaine n'a connu que trois gouverneurs noirs. Une façon de donner des gages à une large part du camp démocrate qui réclamait davantage de diversité au sein de l’institution en même temps que plus de rigueur concernant Wall Street.

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