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Les velléités restrictives de la Fed effraient la finance mondiale
Aux États-Unis, l'année 2022 devrait être marquée du sceau d’un resserrement monétaire significatif. En plus du commencement du tapering (ralentissement des achats nets d’actifs) en novembre dernier, l’on savait déjà que nombre de membres (douze sur dix-huit) du Comité de politique monétaire (FOMC) anticipaient au moins trois hausses de taux d’intérêt directeur pour cette année. L’on vient d’apprendre que fut évoquée durant leur dernière réunion (14 et 15 décembre 2021) l’ultime phase de normalisation de la politique monétaire : la réduction de la taille du bilan de la Banque centrale. Cela n’a pas manqué de surprendre les Bourses mondiales qui ont dévissé dans la foulée et d’influer quelque peu à la hausse les taux d’intérêt américains à long terme.
Certains membres du FOMC jugent "qu'il pourrait être approprié de commencer à réduire la taille du bilan de la Réserve fédérale relativement tôt après avoir commencé à augmenter le taux des fonds fédéraux", lit-on dans le compte rendu de la réunion. Pour rappel, la dernière phase de normalisation de la politique monétaire menée par la Fed à l’issue de la crise financière mondiale l’avait conduite à espacer de près de deux ans sa première hausse de taux directeur (décembre 2015) et la réduction de la taille de son bilan (octobre 2017).
Plusieurs raisons semblent inciter la Fed à aller beaucoup plus vite cette fois-ci. D’une part, "les membres du FOMC ont fait remarquer que les perspectives économiques actuelles étaient beaucoup plus solides, avec une inflation plus élevée et un marché du travail plus tendu qu'au début de l'épisode de normalisation précédent [le taux de croissance sur un an de l’indice PCE atteignait 1,6 % en moyenne entre juin et novembre 2014 contre 4,6 % entre juin et novembre 2021 et le taux de chômage s’établissait à 5,6 % contre 4,2 % aujourd’hui, ndlr]", rapporte le compte rendu. D’autre part, "le bilan de la Réserve fédérale était beaucoup plus important, tant en termes de dollars que par rapport au produit intérieur brut (PIB) nominal, qu'il ne l'était à la fin du troisième programme d'achat d'actifs à grande échelle, fin 2014", note le FOMC. Fin 2021, le bilan de la Fed représentait 8270 milliards de dollars ; il a connu une hausse de plus de 100 % depuis le début de la pandémie – début 2020, il affichait un niveau proche de celui de la fin 2014 - sous l’effet du quantitative easing.
Que peut-on en déduire en termes de timing ? "La forward guidance de la Fed suggère que le comité pourrait commencer à réduire la taille du bilan dès le mois de juin. Cette réduction serait plus rapide que sa précédente tentative de normalisation du bilan, mais elle resterait probablement mesurée", analyse Kathy Bostjancic, économiste chez Capital Economics, qui anticipe une première hausse du taux directeur en mai.
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