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Start-up / Private Equity / TPG / Ardian / IPO / Private equity / Capital-investissement / introduction en Bourse

Start-up / Private Equity
TPG / Ardian / IPO / Private equity / Capital-investissement / introduction en Bourse

Le private equity répond à l’appel de la Bourse

L’américain TPG Partners avance bon train vers son introduction en Bourse, tandis que le français Ardian est très attendu cette année.
corbeille du Palais Brongniart
corbeille du Palais Brongniart

Adepte des acquisitions de sociétés non-cotées, les fonds de private equity (ou capital-investissement) lorgnent paradoxalement de plus en plus vers la Bourse. Dernier exemple en date, l’américain TPG Partners (ex-Texas Pacific Group) espère bientôt rejoindre ses homologues qui se sont cotés ces deux dernières années, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.

Après avoir rendu public son intention mi-décembre, TPG a publié au début de la semaine sa fourchette de prix initiale (entre 28 et 31 dollars par action), ajoutant vouloir lever jusqu’à 877,6 millions de dollars dans le cadre de son introduction en Bourse (IPO). Au total, TPG peut espérer atteindre une capitalisation de 9,52 milliards de dollars. La société de gestion alternative revendique un encours géré de 109 milliards de dollars.

La France n’est pas en reste. L’IPO d’Ardian (qui n’a rien officialisé pour l’instant) est un secret de polichinelle. Or, Ardian, l’ancienne filiale de private equity de l’assureur Axa devenue indépendante sous l’égide de Dominique Senequier, est le numéro un européen en capital-investissement, numéro un mondial des fonds secondaires et numéro un d’Europe occidentale dans les infrastructures, tout en étant présent dans la dette privée et l’immobilier ; il gère au total 120 milliards d’euros d’actifs. Son IPO est l’une des plus attendues de l’année. Et si un autre acteur français emblématique, Siparex, a privilégié une augmentation de capital pour accroître ses moyens, ses responsables n’excluent pas, à plus long terme, d’avoir eu recours au marché coté.

Les investisseurs témoignent d’un réel appétit pour les IPO de fonds alternatifs. S’il existe des fonds cotés très anciens (comme les britanniques 3i et ICG) et si, de manière isolée le français Tikehau Capital a réussi sa cotation en 2017 (mais sur une assiette plus large que le seul private equity), c’est le suédois EQT Partners qui a véritablement relancé le mouvement en 2019 en Europe. Depuis, il a été rejoint par le britannique Bridgepoint en juin dernier et le français Antin Infrastructure Partners en septembre. Cette dernière IPO est une petite révolution en 2021 : il s’agit d’une première pour un fonds spécialisé dans les infrastructures. Alors que plusieurs IPO sur Euronext Paris ont connu des destins mitigés, celle d’Antin IP est la mieux réussie : elle s’est cotée en haut de fourchette et affiche la meilleure performance post-IPO des sociétés introduites sur Euronext Paris en 2021. Signe supplémentaire d’un engouement réel du marché coté pour ce type d’acteurs lorsque l’offre est correctement structurée.

Rassurer les investisseurs de marché

Les sociétés d’investissement cotées existent de longue date : c’est le cas en France de Wendel et d’Eurazeo. Ce sont les héritières de holdings de participations, familiales ou bancaires, même si elles ont modernisé leurs pratiques et ont activement participé à l’explosion des LBO au cours de la décennie 2000. Mais jusqu’ici, seuls les plus gros fonds de private equity américains s’étaient aventurés dans l’IPO : Blackstone en 2007, KKR deux ans plus tard, Apollo en 2004 pour une filiale de dette privée mais en 2011 pour la société de gestion elle-même, Carlyle et Oaktree Capital (spécialisé dans la dette à l’époque) en 2012… Mais ces grandes structures ont été soupçonnées de chercher surtout à favoriser la rémunération de leurs associés au-delà des traditionnels carried-interests et frais de gestion – avant les intérêts de leurs futurs nouveaux actionnaires.

Aujourd’hui, les motivations sont ouvertement différentes et mieux cernées : accroître sa puissance de feu de la structure en levant des capitaux permanents, accroître sa visibilité vis-à-vis des parties prenantes (souscripteurs, actionnaires et entreprises à qui un fonds veut acheter ou vendre un actif…), recruter et retenir les talents avec des plans d’actionnariats (la guerre des talents s’intensifie dans le métier depuis une quinzaine d’années), mais aussi faciliter les acquisitions d’autres sociétés de gestion.

La concentration est une tendance depuis quelques années pour les sociétés de gestion qui veulent étendre leurs savoir-faire et pouvoir suivre la course à la taille. "Il existe un débat au sein de ces structures, explique un banquier proche de nombreux acteurs du private equity. Soit elles se spécialisent dans la performance, c’est-à-dire qu’un rendement élevé devient leur argument principal, et dans ce cas nul besoin de se coter ; soit elles privilégient la gestion en tant que telle, dont la raison économique est de générer un maximum de commissions. Dans ce cas, le moyen de rentrer le plus possible d’encours est de se transformer en ‘one stop shop’, disposant de presque tous les produits de gestion." Ce qui n’est pas sans risque : que se passe-t-il si un problème survient dans une des activités ? "Il y a un risque de retrait indiscriminé des investisseurs-actionnaires qui fragiliserait la structure".

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