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Macro-économie / Taux / taux d'intérêt / europe / Zone euro

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Zone euro : les taux d’intérêt nominaux retrouvent leur niveau d’avant-crise

Tandis que le taux d’intérêt allemand à 10 ans est retourné brièvement en territoire positif, le taux d’intérêt français de maturité semblable a pris près de 40 points de base depuis fin décembre. Les intentions restrictives de la Fed et le moindre accommodement monétaire de la Banque centrale européenne n’y seraient pas étrangers.
Salle de marchés à Francfort - ARNE DEDERT / DPA / dpa Picture-Alliance
Salle de marchés à Francfort - ARNE DEDERT / DPA / dpa Picture-Alliance

Sont-ils eux aussi en route vers la normalisation ? Alors que la reprise économique du Vieux continent poursuit son petit bonhomme de chemin, les taux d’intérêt européens ont connu un mouvement de resserrement significatif ces dernières semaines. En effet, pour la première fois depuis mi-2019, le taux d’intérêt allemand à 10 ans a fait son retour en territoire positif. De son côté, le taux d’intérêt français de même maturité a augmenté de près de 40 points de base (il retrouve son niveau d’avril 2019) ; même chose pour le taux d’intérêt des obligations d’Etat italiennes.

Les raisons de ce mouvement sont en partie à chercher outre-Atlantique. En effet, les taux à 10 ans américains ont crû de 50 points de base ces quatre dernières semaines sous l’effet d’un changement d’orientation de la politique monétaire conduite par la Réserve fédérale américaine (Fed). L’inflation étant plus élevée et persistante qu’escompté, les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) sont une majorité à anticiper au moins trois hausses du taux d’intérêt directeur en 2022. De plus, des discussions ont commencé au cours de la dernière réunion du FOMC à propos d’une réduction de la Banque centrale américaine. Par ailleurs, de manière plus concrète, la Fed est moins présente sur les marchés obligataires du fait de son tapering (ralentissement des achats d’actifs).

Du point de vue domestique, la nouvelle pentification de la courbe des taux allemands trouve également sa source dans "l’anticipation de la fin du PEPP [programme d’achats d’urgence pandémique de la Banque centrale européenne, ndlr] et la diminution des achats nets d’actifs qui s’ensuivra", explique William de Vijlder, chef économiste du groupe BNP Paribas. Si aucune hausse de ses taux directeurs n’est prévue dans l’immédiat, a encore prévenu ce matin Christine Lagarde, présidente de la BCE, les marchés obligataires européens bénéficieront d’interventions moins importantes de la part de l’institution de Francfort dans les temps à venir. Pour rappel, le PEPP disparaîtra fin mars. Aussi, les achats nets d’actifs mensuels de la BCE passeront de 70 milliards d’euros ces derniers mois, à 40 milliards d’euros à partir du mois d’avril, puis à 30 milliards d’euros au troisième trimestre et enfin à 20 milliards d’euros à compter d’octobre.

Sous l'effet de l'ensemble de ces phénomènes, les taux allemands devraient encore prendre 50 points de base d'ici fin 2023, avance Franziska Palmas, économiste chez Capital Economics.

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