Macro-économie / Taux / BCE / Deutsche Bank / taux d'intérêt
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BCE / Deutsche Bank / taux d'intérêt
La BCE va remonter ses taux cette année, affirme Deutsche Bank
La Banque centrale européenne (BCE) marchera-t-elle dans les pas de la Banque d’Angleterre un an après ? Oui, selon Deutsche Bank. La BCE devrait remonter son taux de dépôt en décembre 2022, selon les économistes de la banque allemande (hausse de 25 points de base). Aujourd’hui situé à -0,5 %, il pourrait atteindre 0,5 % en septembre 2023, juge Deutsche Bank qui anticipe une hausse de taux chaque trimestre à compter de la fin 2022.
Cette décision ne serait pas le fruit d’un revirement soudain empreint de panique de la part de la BCE mais s’effectuerait en accord avec sa forward guidance (esquisse de la trajectoire future de la politique monétaire) actuelle. Pour rappel, cette dernière indique que les taux d’intérêt directeurs resteront à leur niveau actuel ou à un niveau inférieur jusqu'à ce que "l'inflation atteigne 2 % bien avant la fin de l'horizon de projection [‘bien avant’ signifie environ le milieu de l’horizon de projection, avait précisé Christine Lagarde, ndlr]". De plus, les 2 % d’inflation doivent être atteints "durablement sur le reste de cet horizon". Enfin, il est nécessaire que le Conseil des gouverneurs estime que les progrès réalisés en matière d'inflation sous-jacente soient "suffisamment avancés pour être compatibles avec une stabilisation de l'inflation à 2 % à moyen terme". Par ailleurs, "cela peut également donner lieu à une période transitoire pendant laquelle l’inflation sera légèrement supérieure à l’objectif", ajoute le Conseil des gouverneurs.
Or, alors que Christine Lagarde, présidente de la BCE, déclarait il y a quelques semaines qu’une hausse de taux était "très improbable" cette année car ces conditions ne seraient guère remplies, Deutsche Bank avance qu’elles le seront dès le mois de décembre. L'établissement allemand a significativement réévalué à la hausse ses perspectives d'inflation à moyen terme et prévoit une progression de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de 4 % cette année, 2,1 % en 2023 et 2 % en 2024 (contre respectivement 3,2 %, 1,8 %, 1,8% pour la BCE).
"Il existe des signes d'une répercussion croissante des prix des biens durables sur les biens non durables. C'est un indicateur d'une plus grande persistance de l'inflation. La dynamique du marché du travail est également forte, ce qui renforce notre conviction que l'inflation des salaires augmentera cette année et se répercutera sur les prix des services", analysent les économistes de Deutsche Bank qui précisent que la révision haussière de leurs prévisions d'inflation trouve également son origine dans la transition énergétique, les perturbations des chaînes d'approvisionnement ou encore la "démondialisation".
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