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France : le reflux du chômage s’accélère
À l’image de la croissance économique, le marché du travail hexagonal a surpris son monde en fin d’année. D’après les données publiées par l’Insee, le taux de chômage de la France (hors Mayotte) s’est établi à 7,4 % au quatrième trimestre 2021 (2,2 millions de personnes), soit un niveau inédit depuis l’été 2008 (à l'exception du deuxième trimestre 2020, durant lequel la chute du nombre de personnes en recherche active d’emploi liée au premier confinement avait provoqué une baisse trompeuse du taux de chômage).
Le taux de chômage se situe 0,8 point en dessous de son niveau pré-pandémique. "Il rejoint ainsi quasiment le niveau qu’il aurait probablement atteint en suivant sa trajectoire baissière pré-crise Covid", estime Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l'institut statistique. La Banque de France et l'Insee attendaient un taux de chômage de 7,8 %.
Dans le détail, le reflux du chômage vient en premier lieu de la dynamique de l'emploi chez les jeunes (deux tiers de la baisse du nombre de chômeurs provient de la baisse du nombre des chômeurs de 15-24 ans alors qu’ils représentent un quart de la population au chômage). Sur le trimestre, le taux de chômage des 15-24 ans diminue ainsi de 3,6 points et atteint 15,9 %, rejoignant ainsi "les plus bas niveaux des cycles précédents à la fin des années 80 et 90", note l’Insee. "Cela s’inscrit dans un contexte de "fort développement de l’emploi en alternance", explique Julien Pouget. Alors que les femmes de 15-24 ans représentent "seulement" 12 % du nombre total de chômeurs, elles sont à l’origine de 44 % de sa baisse sur le trimestre. Elisabeth Borne, ministre du Travail, y voit là le produit de la politique économique menée par le gouvernement. "On a agi, on a lancé dès l'été 2020 le plan '1 jeune 1 solution', parce qu'on avait en tête que pendant la crise de 2008-2009 le taux de chômage des jeunes avait explosé de 30 %", a-t-elle avancé.
Par ailleurs, le taux de chômage baisse de 0,3 point pour les personnes âgées de 25 à 49 ans, à 6,8 %, et il est stable pour les 50 ans ou plus, à 5,8 %.
Autre bonne nouvelle : le taux de chômage de longue durée (être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an). Alors que le taux de croissance potentielle de l’économie française en sortie de crise est encore une énigme, la baisse du chômage de longue durée est bienvenue à cet égard, puisque ce dernier engendre une dégradation du capital humain liée à la perte de compétences et donc une baisse ultérieure de la productivité d’une économie. Il a baissé de 0,2 point par rapport au trimestre précédent et atteint 2,2 % de la population active. Il retrouve ainsi son niveau d’avant-crise.
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