Macro-économie / Taux / Inflation / Zone euro / BCE / prix de l'énergie
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Inflation / Zone euro / BCE / prix de l'énergie
Nouveau sommet pour l'inflation européenne
Elle a encore surpris le consensus. La hausse annuelle des prix à la consommation en zone euro (IPCH) a atteint 5,8 % en février, d’après les données préliminaires publiées par Eurostat, quand les prévisionnistes anticipaient 5,3 %. C’est un niveau d’inflation record depuis que la zone euro a été créée - le sommet précédent datait du mois de janvier (0,7 point en dessous).
La dynamique des prix de l’énergie continue d’expliquer en large partie les mouvements de l’inflation. Et pour cause : en février, ils ont progressé de manière inédite sur douze mois (de 31,7 %, alors que leur poids dans l’IPCH est de 10,9 %). Le conflit entre la Russie et l’Ukraine pesant à la hausse sur l’ensemble de ces prix depuis plusieurs semaines, il rend les prévisions de la Banque centrale européenne (BCE) un peu plus caduques chaque jour. "Les prix du pétrole en euros ont bondi au-dessus de 100 euros par baril, soit plus de 60 % au-dessus des niveaux prévus par la BCE en décembre", remarque ainsi Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management. Pour rappel, la BCE anticipe une inflation moyenne de 4,1 % durant le premier trimestre 2022. Il faudrait donc que la hausse annuelle des prix s’affiche à 1,5 % en mars pour que le scénario de l’institution de Francfort reste valable.
Par ailleurs, signe que les pressions inflationnistes pourraient commencer à se faire de plus en plus diffuses, l’inflation sous-jacente (hors alimentation, énergie et alcool et tabac) a elle aussi atteint un niveau sans précédent (2,7 % sur un an) le mois dernier, notamment sous l’effet d’une hausse de 3 % des prix des biens industriels hors énergie. "Les prix élevés des intrants dus aux problèmes de la chaîne d'approvisionnement se répercutent sur les prix à la consommation", analyse Bert Colijn, économiste senior chez ING.
Alors que le conflit russo-ukrainien influe à la hausse sur les prix de l’énergie et à la baisse sur les perspectives de croissance, la BCE se trouve dans une situation particulièrement inconfortable pour conduire sa politique monétaire. "Compte tenu de la dépendance aux données et de l'optionnalité soulignées par les membres du conseil des gouverneurs de la BCE, nous pourrions être confrontés à une période prolongée d'attentisme, ce qui retarderait probablement la réduction progressive du programme d’achat d’actifs (APP) et repousserait la première hausse des taux d'intérêt au premier trimestre 2023", estime Mateusz Urban, économiste chez Oxford Economics. Le Conseil des gouverneurs donnera des premiers éléments lors de sa prochaine réunion du 10 mars. À l’occasion de cette dernière, les nouvelles projections de la BCE en matière de croissance et d’inflation seront également communiquées.
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