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Europe : la facture énergétique pourrait bondir de 30% en 2022
A peine était-elle en train de panser ses plaies à la suite du choc pandémique, voilà que l’Europe doit affronter un choc géopolitique aux conséquences significatives sur des prix de l’énergie qui avaient déjà beaucoup augmenté ces derniers mois. C’est ainsi que la facture énergétique des ménages européens pourrait croître de 30% en 2022, selon les calculs d’Euler Hermes. En conséquence de quoi, le revenu disponible des ménages baisserait de 3 points de pourcentage au Royaume-Uni, 2 points en Allemagne et 1,5 point en France, en Italie ainsi qu’en Espagne.
Evidemment, la guerre russo-ukrainienne compte pour beaucoup dans cette dynamique. "Si l’on compare ces chiffres aux estimations d’avant-crise, cela représente une perte additionnelle de -2 points de revenu disponible pour les ménages britanniques, -1,5 point pour les ménages allemands, et -1 point pour les ménages français, italiens et espagnol", précise Ana Boata, directrice de la recherche économique d’Euler Hermes. Sans surprise, la part de la consommation liée aux dépenses énergétiques étant plus importante chez les ménages les moins aisés, ils sont les premiers touchés par ce choc énergétique : les ménages les 20% les moins riches apparaissent significativement plus affectés au Royaume-Uni et en Allemagne.
Alors que les ménages européens ont accumulé un surplus d’épargne massif à cause de la crise pandémique, il sera insuffisant pour plus de la moitié d’entre eux afin de faire face à la hausse de leur facture. Si bien que, "sans soutien publique additionnel, la consommation des ménages pourrait ainsi diminuer", estime Ana Boata, qui prévoit que cela aurait un impact sur la croissance du PIB de -0,6 point au Royaume-Uni, de -0,5 point en Allemagne et de -0,4 point en France, en Italie et en Espagne.
A noter qu'Euler Hermes a imaginé un scénario plus noir où l'accès à l'énergie russe serait partiellement coupé : cela générerait une hausse des prix de l'énergie de 70%. Dans ce cas, le revenu disponible des ménages serait amputé de -2,5 points en moyenne en Europe, soit une dépense énergétique supplémentaire de 1200 euros par ménage sur l'année. "Dans le détail, cela représenterait une perte de plus de -4 points pour les ménages britanniques et allemands, et -3 points pour les ménages français", selon l'étude.
"Ce n'est pas exagérer que de dire que cette crise énergétique, ce choc énergétique de 2022, est comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973", a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance.
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