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Macro-économie / Taux / bouclier tarifaire / France / prix de l'énergie

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bouclier tarifaire / France / prix de l'énergie

ukraine Quelle économie française sans bouclier tarifaire ? / Le coût onéreux du dispositif serait à relativiser

UKRAINE. En 2022 et 2023, nombre de composantes de l’économie hexagonale seraient dans un pire état si la puissance publique avait renoncé à injecter plusieurs dizaines de milliards d’euros pour protéger les Français de l’explosion des prix de l’énergie, affirme une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap).
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numerique - Fred MARVAUX/REA
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numerique - Fred MARVAUX/REA

Pour ceux qui douteraient du bien-fondé de la mise en place du bouclier tarifaire, il leur faut consulter l'étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) - institut dépendant du ministère de la Recherche qui entend renforcer l’interface entre la recherche en sciences économiques et la décision publique. Après avoir examiné l’effet net du "quoi qu’il en coûte" sur l’économie française, les chercheurs du Cepremap ont analysé dans quel état serait l’Hexagone si le bouclier tarifaire n’avait pas été mis en place en 2022 et 2023.

Depuis 2021 et en intégrant le projet de loi de finances 2023, ce dispositif coûterait 110 milliards d’euros, au travers, notamment, du blocage des prix du gaz en 2022 puis leur moindre hausse en 2023 (15%), la limitation de l’augmentation des prix de l’électricité cette année (4%) et en 2023 (15%) ou encore la remise sur les prix du carburant. Pour rappel, le bouclier tarifaire vise à absorber l’explosion des prix de l’énergie observée sur les marchés de gros à cause, entre autres, de la reprise post-covid et de la guerre en Ukraine, et ainsi limiter la transmission à l’indice des prix à la consommation.

Résultat ? "L’économie française aurait connu une plus forte inflation, le taux d’inflation annuel étant de 7,5% en 2022 et 6,4% en 2023, au lieu de 6,4% et 4,6%, respectivement, avec le bouclier tarifaire", estiment Fabien Tripier, François Langot, Selma Malmberg et Jean-Olivier Hairault, auteurs de l’étude.

Une plus forte inflation aurait été synonyme de pertes de revenus réels plus importantes, la consommation des ménages en aurait donc davantage pâti (elle aurait baissé de 3,85% en 2022 et 1,92% en 2023 contre une diminution de 3,2% et 1,28% avec bouclier), tout comme le Produit intérieur brut (PIB) qui est grandement fonction de la consommation (50%). Alors que l’activité économique hexagonale est déjà en grande difficulté, les quatre économistes jugent qu’1,8 point de croissance serait préservé. Dans le détail, le taux de croissance annuel aurait été de 1,11% en 2022 et 0,92% en 2023 contre 2,85% et 1% avec bouclier tarifaire.

Le bouclier tarifaire aurait également eu un impact sur les inégalités car les ménages ayant la plus forte part de leur dépense consacrée à une consommation incompressible d’énergie sont les moins aisés. "Avec bouclier, un ménage ayant des revenus dans le Top 10% consomme 2,3 fois qu’un ménage du Bottom 10%, alors que sans le bouclier il aurait consommé 2,45 fois plus", indique l’étude.

Parmi l’ensemble des composantes de l’économie française étudiées, seule la dette publique apparaît en meilleur état sans le bouclier. Rapportée au PIB, elle aurait atteint 110,7% en 2027 contre 112,5% avec le bouclier tarifaire. Reste que, l’augmentation est moindre que le coût du bouclier font remarquer les chercheurs, signe qu’il est "partiellement amorti par le surplus de croissance générée".

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