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Macro-économie / Taux / Inflation / France / bouclier tarifaire

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Inflation / France / bouclier tarifaire

ukraine Comment le bouclier tarifaire a protégé les Français

UKRAINE. Sur un an, l’explosion des prix de l’énergie a vu son effet sur l’inflation divisé par deux du fait de l’onéreux dispositif gouvernemental, d’après une étude de l’Insee. Les ménages les moins aisés sont ceux en ayant le plus profité.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances - Romain GAILLARD/REA
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances - Romain GAILLARD/REA

Les dizaines de milliards d’euros déversés par l’Etat à travers le bouclier tarifaire n’auront pas eu un effet négligeable sur l’inflation.

Entre le deuxième trimestre 2021 et le deuxième trimestre 2022, le dispositif mis en place par le gouvernement a permis de grever de 3,1 points la contribution de la hausse des prix de l’énergie à l’inflation globale (la contribution aurait dû s’élever à 6,2 points sans cela), d’après une étude de l’Insee. Autrement dit, la hausse annuelle des prix à la consommation aurait atteint 8,4 % contre 5,3 % effectivement mesurés.

Pour mémoire, en réponse à l’explosion des prix de l’énergie liée à la reprise économique mondiale puis à la guerre en Ukraine, le gouvernement a, entre autres, décidé du gel du prix du gaz à son niveau d'octobre 2021, du plafonnement de la hausse des prix de l'électricité à 4 % ainsi que d’une remise à la pompe de 18 centimes par litre de carburant. "Entre les deuxièmes trimestres 2021 et 2022, en cumulant le renchérissement de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers, les prix de l’énergie augmentent ainsi de 28 % pour les ménages ; cette hausse aurait été deux fois plus élevée sans mesure de bouclier (+ 54 %). Pour les entreprises, qui dépendent plus que les ménages de l’électricité, l’énergie se renchérit de 20 %, contre 50 % sans bouclier", expliquent Alexandre Bourgeois et Raphaël Lafrogne-Joussier, auteurs de l’étude.

A noter que sur la diminution de 3,1 points de la contribution de la hausse des prix de l’énergie à l’inflation globale, les deux tiers dont profitent les ménages proviennent de ces effets directs. Le tiers restant trouve son origine dans des effets indirects : "le renchérissement des produits énergétiques se diffuse sur les prix de l’ensemble des produits à travers le réseau de production, chaque branche étant supposée répercuter intégralement le renchérissement de ses intrants sur ses prix de production. L’effet indirect sur les prix d’acquisition des ménages additionne ainsi les prix dits ‘sortie d’usine’, ou prix de base, les marges de commerce et de transport, et les taxes nettes de subventions", indiquent les deux économistes, qui estiment que l’effet indirect de la hausse des prix de l’énergie est de 1 point, mais aurait atteint 2,2 points sans les mesures de bouclier.

 

Les moins aisés en profitent plus

 

Etant donné que la composition du panier de consommation des ménages diffère selon leur niveau de revenu, la hausse des prix de l’énergie ne les a pas tous affectés de la même façon. En effet, rappelons que les dépenses d’énergie représentent 12,7 % des dépenses de consommation des 10 % des ménages avec les revenus les plus faibles, contre 9,5 % pour les 10 % des ménages avec les revenus les plus élevés. "Avec prise en compte du bouclier tarifaire, le renchérissement de l’énergie entre le deuxième trimestre 2021 et le deuxième trimestre 2022 augmente l’inflation de 3,3 points pour les ménages du premier dixième, contre 2,7 points pour ceux du dixième le plus élevé", avance ainsi l’étude.

Toutefois, ce sont bien les moins aisés qui ont le plus joui du dispositif. Le bouclier a réduit l’inflation due aux prix de l’énergie de 3,5 points chez les ménages des trois premiers dixièmes de niveau de vie, contre 2,8 points pour ceux du dernier dixième. "L’effet propre du bouclier a été de 3,2 points pour les ouvriers et les agriculteurs et 3,1 points pour les employés, contre 2,6 points pour les cadres", relève l’étude.

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