Macro-économie / Taux / Bruno Le Maire / Elisabeth Borne / Bercy / bouclier tarifaire
Macro-économie / Taux
Bruno Le Maire / Elisabeth Borne / Bercy / bouclier tarifaire
Le gouvernement laisse en place son bouclier tarifaire
"Une sobriété choisie plutôt que des coupures subies". La première ministre Elisabeth Borne a rapidement rappelé ce mercredi que les seules mesures de soutien du gouvernement ne pourraient pas permettre de passer l'hiver de la meilleure façon possible. Une diminution de la consommation d'énergie qui est espérée à hauteur de 10 % en glissement annuel. Un appel des autorités qui ne signifie "pas produire moins mais éviter toute consommation inutile".
Le bouclier reste en place
Le gouvernement ne compte pas pour autant lâcher les ménages français et la prolongation du bouclier tarifaire en 2023 a été annoncée. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a chiffré son coût net à 16 milliards d'euros pour l'année prochaine ; 5 milliards d'euros liés à l'électricité et 11 milliards liés au gaz. Il s'agit de continuer à protéger les Français selon le Ministre qui s'est félicité que la France ait "anticipé davantage que le reste de l'Europe". Le patron de Bercy ne veut en aucun cas "ajouter une crise économique à une crise énergétique".
Il est crucial pour lui de "protéger notre capacité de production" et les entreprises vont continuer à être soutenues de la meilleure possible. Le soutien restera inchangé pour les quelque 1,5 million de PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 2 millions d’euros et qui emploient moins de 10 salariés : "elles continueront à bénéficier de cet accès aux tarifs réglementés". Les PME les plus importantes verront quant à elles de nouveaux critères simplifiés pour bénéficier d'aides être mis en place au 1er octobre. Les entreprises ayant des besoins énergétiques importants pourront bénéficier d'un chèque pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros au vu de leur situation.
Problématiques européennes
Passée cette assurance d'un soutien sans faille du gouvernement envers cette partie de l'appareil productif hexagonal, le ministre n'a pas mâché ses mots contre un "dispositif européen qui est trop complexe et là ce ne sont pas des petits ajustements qu'il faut faire". "Il y a urgence à soutenir ces entreprises qui commencent beaucoup d'énergie" et ce à travers le temps "puisque tant que les prix de l'énergie resteront élevés, le guichet pour les entreprises restera ouvert y compris au-delà du 31 décembre 2022".
Une Europe dans laquelle la France serait un très bon élève lorsqu'il s'agit de protéger ses compatriotes, Elisabeth Borne avance que le prix de l’électricité a seulement augmenté de 4 % dans l'Hexagone quand il a doublé voir triplé en Allemagne, Pays Bas ou encore en Belgique. Et la Première ministre assure que cela va continuer puisque les hausses de prix du gaz et de l'électricité seront plafonnées à 15 % dans les premiers mois de l'année prochaine, "au lieu de 120 %" si le bouclier tarifaire n'avait pas été prolongé.
Veiller au grain
Les services de l'État seront par ailleurs particulièrement vigilants à ce que personne ne tire profit d'une "spéculation pas acceptable". La Commission de régulation de l'énergie, veillera ainsi à sanctionner toutes pratiques abusives. L'ancienne ministre du Travail a aussi cherché à ramener à la raison des marchés qui ont des "craintes excessives" concernant la situation des prochains mois. Aujourd'hui le prix du gaz sur les marchés est "cinq fois supérieur" en 2023 à 2021 et celui de l'électricité y est "dix fois supérieur" à 2021.
Autant de "prix déraisonnables, nous sommes résolus à y remédier" a-t-elle affirmé. Il a notamment été évoqué la généralisation du système français de captation de la rente sur l'énergie au niveau européen. Actuellement, il permet de passer d'un coût brut du bouclier tarifaire de 45 milliards d'euros à un coût net de 16 milliards d'euros.
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