WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Fonds monétaire international / France / Politique budgétaire / Bercy / bouclier tarifaire / déficit public

Macro-économie / Taux
Fonds monétaire international / France / Politique budgétaire / Bercy / bouclier tarifaire / déficit public

La France se fait taper sur les doigts par le FMI / Sa politique budgétaire déplaît

En visite dans l’Hexagone il y a quelques jours, les économistes de l’institution de Washington émettent quelques réserves quant aux choix budgétaires du gouvernement prévus pour 2023, les jugeant trop laxistes.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Eric TSCHAEN/REA
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Eric TSCHAEN/REA

La politique budgétaire du gouvernement français ne fait pas l’unanimité. Le rapport que les économistes du Fonds monétaire international (FMI) ont rédigé à la suite de leur visite en France du 7 au 18 novembre, trouve à y redire. C’est notamment l’orientation choisie dans le projet de loi de finances 2023 (PLF 2023) qui fait sourciller le FMI.

"Pour 2023, la suppression de la remise sur le prix du carburant et le relèvement des plafonds au titre du bouclier tarifaire sont bienvenus", concèdent les économistes du Fonds qui jugent toutefois que "les ajustements des prix du gaz et de l’électricité restent modestes par rapport aux tarifs de l’énergie qui ont plus que doublé hors contrôle des prix". Pour mémoire, le gouvernement a annoncé que la hausse des prix du gaz et de l’électricité serait limitée à 15 % en 2023.

Par ailleurs, "les services du FMI préconisent de mieux recentrer l’aide en matière énergétique en accélérant l’élimination progressive des contrôles des prix tout en augmentant l’aide ciblée aux personnes les plus impactées, ce qui réduirait les coûts budgétaires et inciterait à de plus fortes économies d’énergie", a fait savoir l’institution de Washington. D'après la Banque centrale européenne (BCE), au 31 octobre 2022, près de 90 % des mesures de protection mises en place par le gouvernement étaient non ciblées (contre environ 60 % pour l'Union européenne).

Le déficit public prévu par l’exécutif français pour 2023 (5 % du PIB, soit le même niveau qu’en 2022) fait également tiquer outre-Atlantique. "La politique budgétaire devrait profiter de l’élimination progressive des aides accordées dans le contexte de la pandémie pour commencer à réduire le déficit en 2023 ", avance le Fonds qui préconise "un léger resserrement budgétaire" d’un quart de point de pourcentage du PIB par rapport à 2022. En plus de passer par un meilleur ciblage des mesures contre l'inflation énergétique, l'ajustement recommandé par le Fonds pourrait notamment se faire au travers d'un report de la baisse des impôts de production souhaitée par le gouvernement en 2023 (4,1 milliards d'euros de baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) - les sénateurs viennent d'ailleurs de voter un amendement en ce sens.

Au-delà d’être plus sain pour les finances publiques, en termes d’endettement absolu et relatif (par rapport aux autres économies de la zone euro), la consolidation budgétaire aurait un autre atout. En effet, elle soutiendrait les mesures prises au niveau de la BCE (hausse de 200 points de base des taux directeurs et fin de l'accroissement de la taille du bilan) pour endiguer l’inflation, affirme le FMI.

À la suite de la publication du rapport du FMI, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a déclaré que "la France a le niveau d’inflation le plus faible en Europe grâce au bouclier tarifaire. Elle est le seul pays développé à avoir dépassé fin 2021 son niveau d’activité d’avant crise. Elle a désormais un taux d’emploi, un taux de participation au marché du travail et un niveau d’emploi au-dessus des niveaux de 2019". Le locataire de Bercy a ajouté que l'économie française est  "la seule dans cette situation en d’Europe. Ces résultats sont le fruit des décisions prises par le gouvernement pour protéger notre économie des conséquences du covid".

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article