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La licorne Doctolib passe la surmultipliée
La marche en avant des licornes françaises se poursuit. Signe des temps, la start-up à forte croissance la mieux valorisée de l’Hexagone se trouve désormais dans la santé : grâce à une nouvelle levée de fonds d’un montant exceptionnel de 500 millions d’euros, rendue public cette semaine, Doctolib est valorisé 5,8 milliards d'euros neuf ans après sa création par, entre autres, Stanislas Niox-Chateau, son PDG actuel. La plate-forme de prise de rendez-vous sur internet, qui a été la cheville ouvrière de l’Etat dans sa stratégie de lutte contre le coronavirus, passe ainsi devant Back Market, valorisé 5,1 milliards d’euros au moment de son dernier tour de table.
La somme réunie se répartit entre capital et dette, sans davantage de précision. Deux investisseurs français sont à la manœuvre : la société d’investissement cotée Eurazeo et la banque publique d’investissement Bpifrance, actionnaires historiques de Doctolib, ont mené son dernier tour de table.
Ce sont deux acteurs français important de l’écosystème tricolore. Eurazeo confirme son dynamisme dans le financement des start-ups de croissance ("growth capital"), fruit de la création d’une équipe dédiée en 2014, qui en est déjà à sa troisième génération de fonds (le dernier a clos en juillet 2021 à 1,6 milliard d’euros). Outre Doctolib, elle est au capital des licornes françaises Back Market, Contentsquare, ManoMano ou encore Vestiaire Collective. Bpifrance est quant à elle présente au capital de Vestiaire Collective et de PayFit par exemple.
Une présence nécessaire dans la mesure où les levées de bien des licornes ont été orchestrées par des investisseurs étrangers, par exemple Softbank (le plus grand fonds technologique mondial) dans Swile, Vestiaire Collective, Contentsquare ou encore Sorare, Tiger Global dans Qonto, Spendesk, Ankorstore et Ivalua, ou General Atlantic, au capital de Back Market, PayFit et aussi de Doctolib.
Le montant levé par Doctolib, qui est une plate-forme déjà européenne avec 60 millions d’utilisateurs et 300 000 professionnels de santé, ira financer ses ambitions, qui sont nombreuses : créer 3 500 emplois en France, en Allemagne et en Italie (où elle a acquis Dottori) au cours des cinq prochaines années (la plate-forme compte déjà 2 500 salariés), proposer de nouveaux services (comme le partage d’ordonnances dématérialisées, les messageries de patients à professionnels et entre professionnels, ou encore la téléconsultation), lancer des logiciels administratifs pour les cabinets, améliorer son accessibilité pour tous les publics, élargir la cible des praticiens et accroître la proportion des personnels de santé en dehors de France qui souscrivent à ses services payants – elle atteint 5% outre-Rhin et en Italie, contre 25% revendiqués dans l’Hexagone. Ce dernier point est important dans la mesure où les abonnements des professionnels de santé à ses services sont les seules sources de revenus de Doctolib. Sans compter le renforcement du secret médical via la cybersécurité, comme l’atteste l’acquisition du spécialiste du chiffrement Tanker en janvier dernier.
La montée en puissance des licornes, que ce soit en France (qui en compte 26 à ce jour depuis la levée de Spendesk en janvier) ou dans le reste du monde, est aussi le signe qu’une entreprise peut parfaitement se développer – jusqu’à atteindre une envergure internationale – en dehors de la Bourse. Leur capitalisation dépasse largement celle de grands groupes cotés, en particulier ceux de l’"ancienne" économie, surtout depuis que la pandémie et la guerre en Ukraine sont passées par là : Doctolib pèse ainsi davantage que certaines sociétés emblématiques de la cote parisienne comme Ubisoft, Faurecia, Valeo, Atos (membres de l’indice CAC Next 20) et que le réassureur Scor, le fabricant de semi-conducteurs Soitec, Air France-KLM ou encore… Eurazeo elle-même.
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