Macro-économie / Taux / Conflit Russo-ukrainien / France / INSEE / Moral
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Conflit Russo-ukrainien / France / INSEE / Moral
France : la guerre pèse sur la sérénité des chefs d’entreprise
Alors que l’invasion russe de l’Ukraine a débuté il y a un mois, l’optimisme des patrons au sein de l’économie française s’est fortement détérioré. En effet, le climat des affaires, tel que mesuré par l’Insee, s’est établi à 106,6 points contre 112,7 points en février, soit son plus bas niveau depuis avril 2021 quand la France connaissait son troisième confinement. Cette chute du moral des chefs d’entreprise provient plus particulièrement de deux secteurs : l’industrie et le commerce de gros.
Dans l’industrie, l’ensemble des soldes d’opinion composant le climat (il a perdu 6,2 points et s’affiche à 106,1) participent à sa baisse, tandis que le choc géopolitique aggrave les tensions affectant les chaînes d’approvisionnement donc l’inflation des intrants . "La chute du solde sur les perspectives personnelles de production y contribue le plus amplement. Par ailleurs, le solde sur l’évolution prévue des prix de vente atteint un nouveau point haut depuis l’origine de cette série", précisent les économistes de l’institut statistique. Même histoire du côté du commerce de gros (l’indice qui synthétise son climat des affaires recule de 4,9 points à 105) où les perspectives générales d'activité baissent fortement avec notamment une baisse des soldes d'opinion portant sur les livraisons reçues de l'étranger.
"On peut conclure de ces indicateurs que les perspectives économiques se sont dégradées, mais pas de manière forte. Malheureusement, ce n’est probablement que la première étape et il faut s’attendre à davantage de dégradations dans les prochains mois, si la guerre continue", estime Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING, qui anticipe une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 2,7% sur l’année (contre 3,7% précédemment). Cela serait synonyme d’une économie proche de la stagnation cette année puisque rappelons qu’à fin 2021, l’acquis de croissance pour 2022 s’élevait à 2,4% (le taux de croissance affiché par la France en 2022 si l’activité évoluait tout au long de l’année au niveau qui était le sien entre octobre et décembre 2021). Oddo BHF, qui a aussi révisé à la baisse d’un point sa prévision de croissance (elle se situe désormais 3,2%) évoque "une zone à risque élevé" pour l’économie française actuellement.
Le gouvernement, lui, n'a toujours pas modifié sa prévision de croissance de 4%.
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