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Macro-économie / Taux / élections présidentielles / France / Dette

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Le risque politique fait déchanter la dette française

Tandis que le premier tour de l’élection présidentielle hexagonale approche et que l’incertitude sur son résultat va croissant, le rendement des titres d’État français à dix ans a commencé à diverger de son équivalent allemand. Si l’écart entre les deux s’établit à un sommet depuis le début de la pandémie, il est plus faible qu’en 2017.
Emmanuel Macron et Marine Le Pen - Nicolas TUCAT / AFP
Emmanuel Macron et Marine Le Pen - Nicolas TUCAT / AFP

A quelques jours de la grand-messe démocratique quinquennale de la France, les marchés financiers font montre d’une certaine fébrilité. Les sondages se resserrent, aussi la certitude qui prévalait depuis de nombreux mois quant au résultat final de l’élection présidentielle va-t-elle en diminuant. En conséquence de quoi, la prime de risque politique est de retour sur le devant de la scène : les obligations d’État hexagonales à dix ans voient leur rendement s’accroître plus vite que celui de leurs équivalentes allemandes. Evoluant aux alentours de 55 points de base, le spread obligataire franco-allemand (écart de rendement entre les deux titres d’État à dix ans) s’affiche ainsi à un sommet depuis le début de la pandémie, au printemps 2020 (il avait atteint 111 points de base peu avant le début des premiers confinements français et allemand).

Sans surprise, les marchés d’actifs risqués du pays des Lumières sont également victimes de la renaissance de la prime de risque politique : le CAC 40 réalise de moins bonnes performances que l’Euro Stoxx 50 depuis quelques jours. Dans le détail, les secteurs les plus exposés à l’évolution de la situation politique tels que les entreprises du bâtiment et des travaux publics, les concessionnaires autoroutiers (Marine Le Pen souhaite renationaliser les autoroutes) ou encore les banques en font particulièrement les frais, analysent les observateurs. "On ne peut pas parler de 'panique' liée à l’approche de l’élection française mais de vigilance renforcée de la part des investisseurs qui doivent désormais intégrer ce risque potentiel aux risques géopolitiques et monétaires déjà présents", tempère Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.

En fait, une nervosité moindre semble animer les investisseurs par rapport à la précédente élection présidentielle, ainsi qu’en témoignent les marchés obligataires (le spread franco-allemand avait frôlé 80 points de base à plusieurs reprises en avril 2017). Deux éléments apparaissent être en mesure d’expliquer ce phénomène.

D’une part, si le résultat final de l’élection est moins certain, la présence concomitante au second tour de deux candidats vigoureusement critiques à l’égard du fonctionnement de l’Union européenne et aux vélleités d'expansionnisme budgétaire notable (Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon) est moins probable qu’il y a cinq ans – l’écart séparant Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon était relativement faible dans la dernière ligne droite. D’autre part, si la victoire de Marine Le Pen est plus vraisemblable qu'auparavant, la candidate a mis de l’eau dans son vin eurosceptique en ayant renoncé à ce qui constituait des mesures extrêmement angoissantes pour les marchés en 2017 : quitter l’Union européenne et abandonner la monnaie unique.

Un changement de pied qui n'a rien d'anecdotique. "C’est fondamental car les plus gros risques pour les investisseurs sont le risque de redénomination (prêter des Euros et être remboursé en Francs), la fin de la zone euro ([risque] qui serait élevé si la France sortait de l’Euro) et le changement des règles pour les entreprises (qui est contraint si la France reste dans le marché unique européen)", rappelle Xavier Chapard, stratégiste chez La Banque Postale Asset Management.

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