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Macro-économie / Taux / Allemagne / PIB / Conflit Russo-ukrainien

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Allemagne / PIB / Conflit Russo-ukrainien

ukraine Allemagne : l’exécutif acte le ralentissement économique

UKRAINE. Le ministre Robert Habeck a annoncé que le gouvernement révisait à la baisse de 1,4 point sa prévision de croissance pour 2022 à cause des conséquences du conflit russo-ukrainien. Les prix à la consommation devraient progresser près de deux fois plus vite qu’anticipé.
Robert Habeck, ministre fédéral de l'Économie et de la Protection du Climat - KAY NIETFELD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Robert Habeck, ministre fédéral de l'Économie et de la Protection du Climat - KAY NIETFELD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

La croissance de la première économie de la zone euro devait connaître un vif rebond cette année, ce pourrait finalement être un net ralentissement. Le gouvernement allemand a significativement révisé à la baisse sa prévision de progression du Produit intérieur brut (PIB) pour 2022 : elle s’établit désormais à 2,2 % contre 3,6 % auparavant. "Les risques pesant sur la conjoncture s’aggravent. Après deux ans de pandémie de coronavirus, la guerre de la Russie (contre l’Ukraine) ajoute une nouvelle contrainte ", a déclaré Robert Habeck, ministre de l’Economie et du Climat.

En 2021, l’économie allemande avait crû de 2,9 %. Son industrie (plus de 20 % du PIB allemand) avait été entravée par le début des perturbations affectant les chaînes d’approvisionnement ayant frappé la planète à cause de la reprise mondiale post-confinement. Déjà en janvier dernier, le gouvernement avait été contraint de revoir à la baisse sa prévision de croissance du PIB allemand, lui qui anticipait à l’automne un rebond de 4,1 % en 2022.

De la guerre opposant la Russie à l’Ukraine ayant démarré le 24 février découlent plusieurs conséquences économiques pour l’Allemagne. Les prix de l’énergie se sont envolés, ce qui pèse sur la consommation des ménages (elle représente près de la moitié du PIB de l’Allemagne) : en avril, leur moral a d’ailleurs atteint un plus bas historique, a souligné l’institut GfK, y voyant le signe que "s'il faut dépenser beaucoup plus pour l'essence, le fioul et le gaz, il reste donc moins de ressources financières pour d'autres achats". Selon le gouvernement allemand, l’inflation devrait s’afficher à 6,1 % cette année, soit 2,8 points de plus qu’initialement escompté.

Par ailleurs, le ministère de l’Economie a mis en avant l’incertitude. Les entreprises voient leur visibilité se dégrader, ce qui peut peser sur leurs velléités d’investir, alors que nombre d’entre elles ignorent à quelle sauce énergétique elles seront mangées selon que l’Union européenne décide ou non d’interdire dans les temps à venir les importations de gaz et de pétrole en provenance de la Russie (les importations de charbon sont déjà proscrites). Il faut dire que les conséquences pour l’activité économique pourraient être terribles.

Pour répondre à ce choc, Berlin a débloqué début avril un vaste plan d'aides aux entreprises de 5 milliards d'euros de soutien direct, et de plus de 100 milliards d'euros de prêts garantis. Les ménages, eux, ont été soutenus au travers de baisses de taxe et de chèques énergie de plusieurs milliards d'euros. Le gouvernement prévoirait d'emprunter 40 milliards d'euros supplémentaires cette année pour financer, entre autres, ces mesures, selon des sources ministérielles citées par l'AFP. "Nous montrons semaine après semaine que les démocraties en particulier sont capables de performer et d'agir face à la guerre et aux crises et se sont très vite adaptées et ont contré cette nouvelle situation par une série de mesures", a lancé Robert Habeck.

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