Macro-économie / Taux / France / PIB / Conflit Russo-ukrainien
Macro-économie / Taux
France / PIB / Conflit Russo-ukrainien
Conflit russo-ukrainien : la France résiste sans briller
La Banque de France et l’Insee s’accordent sur le fait que la croissance du Produit intérieur brut (PIB) lors du deuxième trimestre sera pour le moins poussive. Alors que l’institut statistique anticipe une progression de 0,25 % entre avril et juin (en glissement trimestriel), la Banque centrale française escompte une hausse de 0,2 % de l’activité économique hexagonale.
"Ce n’est pas brillant, mais après un choc comme la guerre en Ukraine, c’est résilient", a estimé François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, interrogé ce matin sur France Inter. "Nous savions depuis février que le choc de la guerre en Ukraine était négatif pour la France, que ça voulait dire moins de croissance, et plus d’incertitude", a-t-il ajouté. Pour mémoire, la France avait enregistré une croissance nulle entre janvier et mars.
Une histoire sectorielle
Les conséquences économiques néfastes auxquelles fait face la France et dont le conflit russo-ukrainien est responsable, sont l’exact inverse de celles que l’Hexagone a connues depuis le début de la pandémie. Cette fois-ci, c’est une grande partie de l’industrie qui paie majoritairement les pots cassés, quand les services marchands (57 % du PIB) rebondissent sous l’effet de la disparition des mesures prophylactiques.
"Les touristes reviennent, et l’aéronautique qui a beaucoup souffert il y a deux ans se redresse plutôt bien", quand, en face, "les secteurs de l’automobile, de la chimie ou de l’industrie agroalimentaire souffrent beaucoup des difficultés d’approvisionnement [85 % des entreprises sont touchées dans l’automobile, ndlr]", a expliqué François Villeroy de Galhau. En effet, ces dernières ont de nouveau crû en raison de la guerre en Ukraine et des mesures de confinement en Chine, rapportent les économistes de la Banque de France.
Concrètement, au sein de l’industrie, la part des chefs d’entreprise qui jugent que les difficultés d’approvisionnement ont pesé sur leur activité a atteint un niveau record de 65 % en mai, après 60 % en avril (la Banque de France effectue cette mesure depuis mai 2021).
L’inflation en fait son beurre
Sans surprise, ces difficultés d’approvisionnement influent sur les prix. Dans son enquête menée auprès d’environ 8 500 entreprises ou établissements entre le 27 avril et le 4 mai, l’institut d’émission indique que l’augmentation des difficultés d’approvisionnement s’accompagne de hausses des prix des matières premières et "surtout ce mois‑ci, de façon décalée, des produits finis".
C’est ainsi que 49 % des chefs d’entreprise dans l’industrie déclarent avoir augmenté leur prix de vente en avril. Les branches les plus concernées sont la chimie, la fabrication d’équipements électriques, l’industrie du bois, papier et imprimerie. En comparaison un quart des chefs d’entreprise des services marchands affirment avoir augmenté leur prix de vente en avril.
D’après les dernières prévisions de la Banque de France publiées mi-mars, la hausse des prix à la consommation hexagonale (indice des prix à la consommation harmonisé – IPCH) devrait s’établir à 3,7 % cette année. Alors qu’elle s’est affichée à 4,5 % l’an en moyenne sur les quatre premiers mois de 2022, "cette inflation élevée devrait encore durer cette année et commencer à diminuer au début de l’année prochaine, en fonction du prix de l’énergie. Elle devrait revenir à 2 % en 2024, d’ici les deux prochaines années", a avancé François Villeroy de Galhau, qui, ayant repéré des "signes d'alerte" sur le front de l'inflation, est favorable à ce que la Banque centrale européenne (BCE) augmente son taux de dépôt d'au moins 50 points de base cette année.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

