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France / taux de chômage / Jeunes

France : les jeunes poussent le taux de chômage à refluer

Si l’on excepte la "fausse" baisse liée au premier confinement, le taux de chômage de la France s’est établi au plus bas depuis quatorze ans durant le premier trimestre. En près de deux ans et demi, l’insertion des jeunes sur le marché du travail explique plus de 40 % de la décrue, alors qu’ils ne représentent qu’un chômeur sur quatre.
Salon de l'apprentissage et des métiers. L'apprentissage explique une grande part de la baisse du chômage en France - JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Salon de l'apprentissage et des métiers. L'apprentissage explique une grande part de la baisse du chômage en France - JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

C'est inédit depuis le printemps 2008. Le taux de chômage de la France (hors Mayotte) a atteint 7,3 % durant le premier trimestre, selon les données publiées par l’Insee. Si l’on fait fi de la diminution en "trompe-l’œil" du taux de chômage durant le premier confinement, jamais depuis quatorze ans la part de la population active sans emploi n’avait été aussi faible ; cela représente 2,232 millions de personnes, d’après la définition du Bureau international du travail (BIT).

 

Une embellie diffuse

 

Malgré la croissance nulle du Produit intérieur brut (PIB) enregistrée au premier trimestre, nombre d’indicateurs du marché du travail hexagonal, au-delà du taux de chômage qui peut avoir ses limites, continuent d’envoyer de bons signaux.

C’est ainsi que le halo autour du chômage (les personnes souhaitant un emploi mais n'étant pas considérées comme étant au chômage, parce qu’elles ne recherchent pas d’emploi ou ne sont pas disponibles) diminue de nouveau pour atteindre le niveau qui était le sien avant la crise pandémie (4,4 %, soit 1,8 million de personnes). D’autre part, le sous-emploi (il s’agit notamment des personnes travaillant à temps partiel qui souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire) baisse lui aussi. Il a diminué de 0,3 point, à 4,7 %. Cette part se situe 1,2 point au-dessous de son niveau d’avant-crise et à son plus bas niveau depuis 1992.

Tant et si bien qu’au premier trimestre, six participants au marché du travail sur dix se voient contraints dans leur offre de travail ; elle est soit non utilisée (au chômage ou dans le halo autour du chômage) ou sous-utilisée (en sous-emploi). Ils n’avaient jamais été aussi peu nombreux depuis plus de trente ans (1991).

 

Les jeunes participent à la fête

 

Par rapport à la période précédant la crise pandémique (quatrième trimestre 2019), la chute du nombre de chômeurs a atteint 229 000. Plus de 40 % (42 %) de ce chiffre est composé de jeunes âgés de 15 à 24 ans, alors que ces derniers ne représentent qu’un quart du nombre de chômeurs.

Cette surreprésentation trouve son origine dans la politique économique conduite par le gouvernement visant à favoriser l’apprentissage, au travers notamment de France Relance (plan de relance de 100 milliards d’euros) : la prime à l’embauche prévue dans le cadre du plan "un jeune, une solution" est de 5 000 euros pour un mineur et 8 000 euros pour un majeur, soit une réduction particulièrement massive et donc attractive du coût du travail – le dispositif a été prolongé jusqu’à fin juin. La réforme de 2018 aurait également joué un rôle mais dans une ampleur plus modeste, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui avançait dans un récent rapport que le stock d'apprentis représentait environ 900 000 jeunes à la fin de l’an passé, contre 478 000 fin 2019.

 

Les "décrocheurs" sont moins nombreux

 

Au premier trimestre 2022, la part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) diminue de 0,5 point à 11,8 % et retrouve ainsi son niveau du troisième trimestre 2021. Cette proportion se situe 1,6 point au-dessous de son niveau d'il y a un an et 0,5 point au-dessous de son niveau d’avant-crise. Leur insertion sur le marché du travail est l'un des enjeux majeurs auxquels fait face l'économie française. Le coût pour les finances publiques est d'environ 20 milliards d'euros et un gain de croissance de 0,4 point de PIB pourrait être engrangé s'ils étaient intégrés au marché du travail, selon le Cercle des économistes.

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