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Macro-économie / Taux / Inflation / dette publique / Environnement

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Quand la dette publique préserve la planète et protège de l’inflation

Fait inédit sur le marché de la dette, l’Agence France Trésor a émis une obligation verte indexée sur la dynamique des prix à la consommation de la zone euro. Quatre milliards d’euros ont pu être levés en vue de financer les dépenses environnementales de l'Etat.
Agence France Trésor - ERIC PIERMONT / AFP
Agence France Trésor - ERIC PIERMONT / AFP

La France n’est pas avare d’innovation en matière d’émissions obligataires souveraines. En septembre 1998, l’Etat avait été le premier en zone euro à émettre une obligation indexée sur les prix à la consommation de la France. Puis, vint octobre 2001, quelques mois après la création de l’Agence France Trésor (AFT), organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’Etat, où la première obligation indexée sur les prix à la consommation de la zone euro vit le jour au sein du Vieux continent.  Et en janvier 2017, l’AFT est parvenue la première à lancer une obligation verte (7 milliards d’euros) pour "une taille de référence" (un montant offrant aux investisseurs une souche obligataire d'une taille suffisante pour assurer sa liquidité sur le marché, d’après l’ancien directeur général de l’AFT).

Cette fois-ci, l’organisme dépendant de Bercy a, de manière inédite, allié le meilleur des deux mondes en émettant une obligation verte indexée sur les prix à la consommation de la zone euro (OAT€i).  Quatre milliards d’euros à échéance juillet 2038 ont ainsi pu être levés "à un taux de rendement réel à l’émission de -0,415 %", précise l’AFT. Contrairement aux obligations classiques, les obligations indexées sur l’inflation voient leur principal suivre l’évolution des prix à la consommation (le coupon réel, lui, est une part fixe du principal indexé).

La demande totale a atteint plus de 27 milliards d'euros lors de cette opération réalisée par syndication dont les chefs de file étaient Barclays, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Natixis et Société Générale (tous les spécialistes en valeurs du Trésor faisaient partie du syndicat). Environ 230 investisseurs finaux étaient de la partie et le montant a été alloué pour 29 % à des banques, 28 % à des gestionnaires d'actifs, 15 % à des fonds de pension, 14 % à des institutions publiques, 10 % à des assureurs et 5 % à des gestions alternatives. Géographiquement, ont répondu présents les investisseurs français (29 %), italiens (8%), allemands (4%) et en provenance d’autres pays de la zone euro (16 %). Les autres investisseurs sont issus d’autres pays européens hors zone euro (3 %), du Royaume-Uni (20 %), de pays nordiques (12 %) et d’Asie (7 %). La part des investisseurs issus du reste du monde représente quant à elle 1 %.

Pour mémoire, les obligations vertes de la France permettent de financer les dépenses du budget de l’État destinées à lutter contre le changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la protection de la biodiversité et la lutte contre la pollution. Leur encours émis par l’AFT atteint désormais près de 50 milliards d’euros. Pour 2022, le montant des dépenses vertes éligibles auxquelles seront adossées les émissions des obligations vertes de l’État s’élève à 15 milliards d’euros, avait indiqué l’AFT au début de l’année. Elles peuvent inclure, notamment, des dépenses d'investissements d’efficacité énergétique, de soutien pour les opérateurs du rail et du transport fluvial ou encore dans les systèmes d’observation de l’atmosphère, des océans et de la biosphère, incluant les bateaux et les satellites. 

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