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Mobilité sociale ; Déterminisme social ; France ; Égalité des chances ; INSEE ; Ascenseur social ; Revenus

Macro-économie / Taux / INSEE / Ascenseur social / revenus / France / Mobilité sociale

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En France, l’ascenseur social n'est pas mort

Si la reproduction des inégalités entre générations reste forte dans l’Hexagone, l’Insee publie une étude qui met pourtant en évidence de nombreux mouvements dans l’échelle des revenus d’une génération à l’autre. La France se situe dans une position intermédiaire et notamment meilleure qu’aux États-Unis.
Éric Audras / AFP
Éric Audras / AFP

Comme l’affirmait un rapport de l’OCDE publié en 2019 et particulièrement commenté depuis, faut-il vraiment "6 générations pour grimper dans l’échelle des revenus" ? Hicham Abbas et Michaël Sicsic, respectivement administrateur et chargé d’étude sur les inégalités à l’Insee, apportent des éléments de réponse. Dans une étude publiée récemment, les deux hommes présentent une nouvelle mesure de la mobilité intergénérationnelle des revenus, en comparant le revenu individuel d’un jeune adulte de 28 ans à ceux de ses parents en 2010. Une première en France.

L’institut statistique livre un constat plus nuancé qui semble entrer en contradiction avec le sentiment de déterminisme social très fort en France, notamment par rapport aux autres pays. "En France, les inégalités de revenus se reproduisent en partie entre les générations, mais les trajectoires individuelles montrent qu’une mobilité existe et est plus ou moins fréquente selon les caractéristiques des individus", constate Michaël Sicsic.

 

Déterminisme social et égalité des chances

 

La France reste encore marquée par un fort déterminisme social. L’étude avance que "les enfants de familles aisées ont trois fois plus de chances d’être parmi les 20 % les plus aisés que ceux issus de familles modestes". Cette persistance des niveaux de revenus et des inégalités entre générations ne permettrait aux individus qu’une mobilité relative, plus forte en France qu’aux États-Unis mais plus faible que dans les pays nordiques.

Dans le même temps, l’étude affirme pourtant que "pour un même niveau de revenu des parents, les revenus des enfants varient fortement". Ainsi, en 2018, parmi les jeunes issus des familles les 20 % les plus modestes, 12 % sont parmi les 20 % les plus aisés de leur classe d’âge. L’inverse existe aussi puisque 15 % des enfants de parents les plus aisés se retrouvent parmi les 20 % les moins aisés de leur classe d’âge. Les auteurs de ce rapport rappellent néanmoins qu’environ 30 % seulement de la variation de rang des jeunes adultes serait liée au milieu familial.

 

Une mobilité sensible à de nombreux facteurs

 

Au-delà du revenu des parents, d’autres facteurs interviennent comme le sexe, la situation familiale, la catégorie socioprofessionnelle des parents ou encore la région dans laquelle vivent les enfants à leur majorité. Ainsi, "toutes choses égales par ailleurs, la mobilité ascendante est d’autant plus forte que les parents sont diplômés du supérieur, ont été mobiles géographiquement, ou que les enfants résident en Île-de-France à leur majorité. À l’inverse, être une femme, avoir vécu dans une famille monoparentale, avoir des parents ouvriers ou employés, ou vivre dans les Hauts-de-France à sa majorité sont des facteurs qui réduisent les chances de s’élever dans l’échelle des revenus", observent Hicham Abbas et Michaël Sicsic.

 

Des mobilités très contrastées pour les enfants d’immigrés

 

L’étude démontre en outre que les enfants d’immigrés "ont en moyenne une probabilité plus forte de réalise une mobilité ascendante" (15 % contre 10 % pour les autres). En particulier ceux qui résident dans une grande ville ou un territoire dynamique où sont concentrées les opportunités d'emplois, leur permettant de s'élever socialement.

Dans le même temps, les enfants d’immigrés ont aussi une probabilité plus forte de rester dans les 20 % d’individus aux revenus les plus modestes (33 % contre 27 %) et d’effectuer une mobilité descendante (24 % contre 17 %).

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