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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

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Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

La Banque centrale européenne montre les crocs

D’ici à 2024, l’inflation évoluera sans cesse en dehors des clous. En conséquence, pour la première fois depuis onze ans, l’institution de Francfort procédera à une hausse de taux d’intérêt le mois prochain. Ce ne sera pas la dernière.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - JOHN THYS / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - JOHN THYS / AFP

L’inflation élevée et persistante sévissant en zone euro pousse la Banque centrale européenne (BCE) à déployer, très prochainement, une deuxième arme pour la remettre dans son lit. Alors que la BCE a annoncé mettre un terme à ses achats nets d’actifs le 1er juillet, elle entend également augmenter ses taux directeurs de 25 points de base à l’issue de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs (21 juillet), une manœuvre inédite depuis onze ans. Aujourd'hui, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt sont respectivement de 0 %, 0,25 % et -0,50 %.

Cette décision s'explique par ses nouvelles prévisions en matière d’évolution des prix à la consommation. En effet, l’institution de Francfort anticipe une inflation moyenne de 6,8 % cette année, 3,5 % en 2023 et 2,1 % en 2024 (son objectif d’inflation est de 2 % l’an à moyen terme), contre respectivement 5,1 %, 2,1 %, 1,9 % dans ses projections de mars. "Le Conseil des gouverneurs a mené une évaluation détaillée des conditions qui, conformément à ses indications sur l’orientation future de la politique monétaire (forward guidance), doivent être remplies avant qu’il ne commence à relever les taux d’intérêt directeurs de la BCE. Au terme de cette évaluation, le Conseil des gouverneurs a conclu que ces conditions étaient réunies", a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, à l’occasion de sa conférence de presse.

Pour mémoire, ces conditions étaient au nombre de trois. Premièrement, la forward guidance indiquait que les taux de la BCE resteront à leur niveau actuel ou à un niveau inférieur jusqu'à ce que "l'inflation atteigne 2 % bien avant la fin de l'horizon de projection [‘bien avant’ signifie environ le milieu de l’horizon de projection, avait précisé Christine Lagarde, ndlr]". Deuxièmement, les 2 % d’inflation devaient être atteints "durablement sur le reste de cet horizon". Troisièmement, il était nécessaire que le Conseil des gouverneurs estime que les progrès réalisés en matière d'inflation sous-jacente soient "suffisamment avancés pour être compatibles avec une stabilisation de l'inflation à 2 % à moyen terme" (l’inflation sous-jacente devrait s’afficher à 3,3 % en 2022, 2,8 % en 2023 et 2,3 % en 2024, d’après les nouvelles prévisions de la BCE).

Le 8 septembre, date à laquelle se réunira le Conseil des gouverneurs, une nouvelle hausse de taux d’intérêt devrait survenir. "Le calibrage dépendra des perspectives actualisées d’inflation à moyen terme", a indiqué Christine Lagarde. Plus précisément, "si ces perspectives d’inflation à moyen terme se maintiennent ou se détériorent, une hausse plus importante sera appropriée lors de la réunion de septembre", a ajouté la Française, ce qui laisse à penser au marché qu’une hausse de 50 points de base est le scénario central.

Puis, à partir du quatrième trimestre, le Conseil des gouverneurs anticipe qu’une séquence "progressive mais durable de hausses supplémentaires des taux d’intérêt sera appropriée". Reste à savoir si les perspectives d'inflation à moyen terme conduiront ou non la BCE à franchir le taux d'intérêt neutre (le taux qui n'a ni d'effet restrictif ni d'effet accommodant sur l'activité économique). Le niveau nominal de cette variable inobservable estimé entre 1 % et 2 % en zone euro n'a pour l'instant pas fait l'objet de débat au sein du Conseil des gouverneurs. "On ne peut pas le déterminer avec précision aujourd'hui. C'est à mesure que nous nous en approcherons que nous comprendrons mieux où il se situe, et cela sera débattu, je n'ai aucun doute là-dessus", a expliqué Christine Lagarde.

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