Macro-économie / Taux / Zone euro / PMI / croissance / Inflation
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La croissance européenne piquerait du nez
Le début de l’été s’annonce peu engageant pour la zone euro alors que les conséquences de la guerre russo-ukrainienne se font davantage sentir. L’activité économique privée des Dix-neuf aurait enregistré sa plus faible croissance depuis près d’un an et demi, selon l’enquête mensuelle de S & P Global, menée auprès des directeurs d’achats (PMI). L’indice PMI Composite (il regroupe les services et le secteur manufacturier) a perdu 2,9 points ce mois-ci pour s’établir à 51,9 points. "À l’exception de ceux observés lors des périodes de confinement sanitaire, le ralentissement de la croissance enregistré en juin a été le plus sévère depuis novembre 2008, soit au plus fort de la crise financière mondiale", relève Chris Williamson, chef économiste chez S & P Global Market Intelligence.
Contrairement à ce que l’on observait ces derniers temps depuis le déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, le secteur manufacturier n’est plus le seul à être en grande difficulté (l’indice PMI a baissé de 2,6 points à 52, un plancher depuis environ deux ans). Alors que le secteur des services faisait montre jusqu’ici d’une certaine résistance, grâce à l’élan procuré par la levée des mesures prophylactiques, sa croissance apparaît désormais au plus bas depuis que la vague Omicron a déferlé. En effet, "les activités de tourisme et de loisirs, qui avaient enregistré des hausses records en avril et en mai, ont quasiment stagné en juin, tendance que les entreprises interrogées expliquent par l’augmentation du coût de la vie [la hausse des prix à la consommation a atteint 8,1 % sur un an en mai, ndlr] et par l’épuisement de la demande accumulée pendant la pandémie", explique S & P Global.
Les perspectives d’activité ne sont pas plus réconfortantes. L’optimisme des entreprises quant à leur volume d’activité à un an s’est replié à son plus faible niveau depuis octobre 2020. La baisse du taux de confiance a été particulièrement marquée dans l’industrie manufacturière (plus faible niveau depuis mai 2020), mais les prévisions se sont également détériorées dans le secteur des services où elles ont affiché leur plus faible niveau depuis octobre 2020.
Les inquiétudes ? On retrouve notamment la guerre en Ukraine et ses répercussions sur les approvisionnements en énergie et produits alimentaires, le resserrement des conditions financières, ou encore les pénuries d’intrants (fréquemment associées aux confinements sanitaires en Chine). "Il n’y a plus aucune ambiguïté dans les signaux envoyés par les entreprises de la zone euro en juin : ils sont tous négatifs", indiquent Bruno Cavalier et Fabien Bossy, économistes chez Oddo BHF.
Pour la période allant d’avril à juin, la Banque centrale européenne (BCE) anticipe une croissance de 0,2 %, en glissement trimestriel, du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. Ce dernier avait augmenté de 0,3 % au premier trimestre.
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