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Aides d'État ; Commission européenne ; Hydrogène ; Transition énergétique ; DG Concurrence ; Union Européenne ; Aides publiques

Politique européenne / Aides d'État / commission européenne / hydrogène / transition énergétique / European Economics

Politique européenne
Aides d'État / commission européenne / hydrogène / transition énergétique / European Economics

Hydrogène : Bruxelles valide un financement à plusieurs milliards

La Commission européenne vient d’accorder un soutien public pouvant aller jusqu'à 5,4 milliards d'euros octroyés par quinze États membres, dont la France et l’Allemagne, pour le secteur de l'hydrogène. Ces aides publiques devraient permettre de générer 8,8 milliards d'euros d'investissement supplémentaire et de créer plusieurs milliers d'emplois en Europe.
Les investissements dans la filière devraient générer 8,8 milliards d'euros d'investissement privé supplémentaire et créer 20 000 emplois directs en Europe (Jean Claude MOSCHETTI / REA)
Les investissements dans la filière devraient générer 8,8 milliards d'euros d'investissement privé supplémentaire et créer 20 000 emplois directs en Europe (Jean Claude MOSCHETTI / REA)

Au nom de l'intérêt général et de la lutte contre le réchauffement climatique, la Commission européenne accepte de faire une entorse à ses règles strictes sur la concurrence qui entourent les aides d'État. Bruxelles a ainsi autorisé vendredi un financement public pouvant atteindre 5,4 milliards d'euros pour soutenir un grand projet européen de recherche et développement en faveur de l'hydrogène vert, une filière considérée comme stratégique pour décarboner l'économie.

 

Un plan à l’échelle européenne

 

Baptisé "Hy2Tech", ce projet important d'intérêt européen commun (PIIEC) rassemble des producteurs d'hydrogène (Enel), de piles à combustibles (Bosch, Symbio), des acteurs du transport et stockage de l'hydrogène (Faurecia, Plastic Omnium) et des fabricants de véhicules de transports routier, naval et ferroviaire (Alstom, Daimler Truck, Iveco).

Au total, le projet fédère 41 initiatives impliquant 35 entreprises, soutenues par quinze États membres dont l'Allemagne, l'Espagne, la France ou encore l'Italie, et couvrira une grande partie de la chaîne de valeur de la technologie de l'hydrogène, de la production aux applications d'utilisation finale. Bruxelles estime que ces aides publiques seraient en mesure de générer 8,8 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires et de créer 20 000 emplois directs en Europe.

"On accompagne les entreprises main dans la main avec les États qui les financent. En France, le gouvernement s’implique beaucoup pour finaliser la préparation des dossiers", témoigne Marc Isabelle, fondateur de European Economics. Avec 11 projets accompagnés pour un montant total de 2,3 milliards d’euros sur les 5,4 milliards en jeu, le cabinet de conseil s’impose comme le leader européen de l’accompagnement des entreprises qui souhaitent bénéficier d’aides d’États devant être validées par la Commission européenne.

"La promotion du développement et du déploiement de l'hydrogène stimulera l'emploi et la croissance dans toute l'Europe tout en contribuant à nos priorités en matière d'environnement et de résilience", souligne Thierry Breton, commissaire au marché intérieur. "L'hydrogène recèle un énorme potentiel pour l'avenir. Il s'agit d'un élément indispensable à la diversification des sources d'énergie et à la transition écologique", rajoute Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence.

 

L’hydrogène décarboné, un secteur d’avenir

 

L'autorisation de ce PIIEC par la Commission s'inscrit dans le contexte des efforts plus larges déployés par cette dernière pour soutenir le développement d'une industrie innovante et durable de l'hydrogène en Europe. Les applications de l'hydrogène dit "vert", car produit à partir d'énergie bas carbone (éolien, photovoltaïque, nucléaire), sont diverses. Il peut être utilisé dans l'industrie, la chimie et la sidérurgie notamment, mais aussi dans le transport lourd pour remplacer les carburants fossiles et aussi dans le stockage des énergies renouvelables.

"Le marché existe déjà mais l’hydrogène est aujourd’hui principalement produit à partir de gaz naturel. Les tensions actuelles avec la Russie, principale fournisseur, renforcent donc la légitimité et l’intérêt de ce projet", remarque Marc Isabelle. "Ce marché de l’hydrogène décarboné, même si on en parle depuis plusieurs années, n’avait jamais vraiment décollé. Avec cette approche systémique et coordonnée au niveau européen, on se donne toutes les chances de faire démarrer le marché européen", ajoute-t-il.

Côté France, s’il y a un secteur sur lequel l’État mise dans les années à venir, c’est bien celui de l’hydrogène. Avec le plan France 2030, le gouvernement a fait du développement de cette filière industrielle un objectif pour renouer avec une certaine autonomie économique et énergétique. Une nécessité soulignée par le conflit en Ukraine et l’envolée des prix de l’énergie.

"Nous allons investir près de 2 milliards d’euros pour développer l’hydrogène vert. C’est une bataille pour l’écologie, pour l’emploi, pour la souveraineté de notre pays que nous allons mener", expliquait ainsi Emmanuel Macron, à la mi-novembre. Face à ces ambitions, la filière va ainsi devoir opérer une vraie révolution. Car si 3500 emplois sont aujourd’hui recensés dans le secteur, l’objectif est d’en créer 100 000 à l’horizon 2030.

"Une industrie européenne de l’hydrogène décarboné devrait pouvoir se mettre en place dans les années à venir. En soutenant l’innovation, ce PIIEC va permettre de positionner l’Europe à la pointe en matière de production et d’usage de l’hydrogène décarboné", conclut Marc Isabelle.

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