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Énergies renouvelables : vers un jackpot à plusieurs milliards pour l’État
Conséquence directe de la guerre en Ukraine et donc de la flambée des prix de l’énergie qui frappent l’Europe, pour la première fois cette année les énergies renouvelables ne devraient pas venir alourdir le budget de l’État. Au contraire, le renouvelable deviendrait une source de profit pour les finances publiques.
Selon les récentes estimations de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les énergies vertes rapporteront au total 8,6 milliards d’euros à l’État entre 2022 et 2023. À titre de comparaison, le montant total du soutien apporté aux énergies renouvelables depuis 2003, s’élève à 43 milliards d’euros, dont un total de 11,5 milliards pour la filière éolienne et de 24,6 milliards pour la filière photovoltaïque.
"La délibération publiée par la CRE met ainsi en lumière l’apport des énergies renouvelables aux finances publiques dans le contexte actuel de crise énergétique et, plus généralement, dès lors que les prix de gros de l’énergie sont élevés. Cela renforce la nécessité d’accélérer le développement des énergies renouvelables, par ailleurs indispensables pour renforcer la sécurité d’approvisionnement et atteindre les objectifs de de neutralité carbone", soulignent les auteurs du rapport.
Un pactole inattendu
En 2022, les recettes liées aux contrats d'achat d'électricité passés entre l'État et les producteurs d'énergies renouvelables devraient atteindre 4,3 milliards d'euros, alors qu'initialement la CRE tablait sur une charge budgétaire de 5,2 milliards d'euros. L’année suivante, compte tenu des prévisions de prix de l'électricité toujours stratosphériques sur les marchés de gros de l'électricité, la CRE table ainsi sur 4,3 milliards d'euros de recettes liées aux énergies renouvelables, contre une prévision initiale de 5,2 milliards d'euros de charge budgétaire.
Ces charges, liées au soutien aux énergies renouvelables en France, sont en baisse du fait du niveau exceptionnellement élevé des prix de gros de l’électricité et du gaz. En particulier, les prix de gros de l’électricité sont devenus en moyenne supérieurs aux tarifs garantis par l’État dans les contrats de soutien aux énergies renouvelables électriques, compris entre 81 euros le MWh et 137 euros le MWh. Or, la valorisation prévisionnelle de l’électricité soutenue est de 170,3 euros le MWh en 2022 et de 207,5 euros le MWh en 2023.
Ainsi, ce qui constituait les années précédentes des charges pour le budget de l’État représente pour la première fois une recette pour les finances publiques.
Et pourtant, l’apport des différentes filières à la recette prévisionnelle au titre de 2022 et 2023 est contrasté. Il dépend de l’écart entre le niveau moyen du tarif de soutien à la filière et les références de prix de marché, ainsi que de la production totale de la filière.
Dans le détail, la filière éolienne représente l’essentiel de la recette attendue, à savoir 7,6 milliards d’euros cumulés au titre de 2022 et 2023, soit 88 % de la recette totale, du fait de son coût moyen unitaire relativement bas et de sa production importante. Seul le surcoût associé à la filière photovoltaïque reste positif, à hauteur de 0,9 milliard d’euros cumulés pour les deux années.
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