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CAC 40 ; Conseil d'administration ; Grandes entreprises ; France ; Europe ; Profils

Dirigeants, gouvernance / CAC 40 / Conseil d'administration / Grandes entreprises

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CAC 40 / Conseil d'administration / Grandes entreprises

Les entreprises du CAC 40 jouent le statu quo

Fragilisées par la crise sanitaire, les grandes entreprises européennes et françaises sont apparues particulièrement frileuses en matière de nominations d’administrateurs en 2021, d’après le cabinet de conseil Heidrick & Struggles. L’influence de la société, entre autres, permet toutefois d’engager une ouverture relative des conseils d’administration à de nouvelles typologies de profils.
Plus de la moitié des administrateurs nommés dans les grandes entreprises françaises en 2021 avaient déjà occupé ce poste par le passé (Laurent GRANDGUILLOT / REA)
Plus de la moitié des administrateurs nommés dans les grandes entreprises françaises en 2021 avaient déjà occupé ce poste par le passé (Laurent GRANDGUILLOT / REA)

Comme pendant les mois les plus critiques de la crise sanitaire, les grandes entreprises françaises et européennes sont restées particulièrement conservatrices dans leurs nominations d’administrateurs en 2021, rapporte la cabinet de conseil Heidrick & Struggles dans son étude Board Monitor Europe 2022. Elles se sont ainsi reportées prioritairement sur des profils expérimentés et opérationnels, à même de faire face aux aléas d’une économie toujours incertaine. Ainsi, en France, plus de la moitié des administrateurs nommés avaient déjà occupé ce poste par le passé et 80 % d’entre eux occupent parallèlement une fonction exécutive dans une société, le plus souvent directeur général ou directeur financier, leur permettant d’être aux prises avec les réalités du pilotage de l’activité.

Une proportion encore supérieure à celle de l’année précédente qui acte un changement d’habitude des entreprises dans la mesure où les cadres dirigeants "retraités" étaient autrefois surreprésentés dans les conseils d’administration.

Dans une même optique, les entreprises françaises ont continué l’année dernière à recruter des administrateurs avec des compétences en matière de gestion des risques financiers (36 %), de transformation digitale (25 %) et de cybersécurité (5 %). Toujours en France, les nominations de profils aux prises avec les enjeux de durabilité se sont accélérées (19 %), alors qu’elles stagnent dans le reste de l’Europe, faisant du CAC 40 le troisième indice le plus impliqué sur ces questions (derrière le Danemark et l’Espagne).

 

L’influence de la société civile

 

Comme ont pu l’illustrer les pressions de l’opinion publique auprès des acteurs économiques sur les sujets environnementaux, d’égalité femme-homme ou encore sur la guerre en Ukraine, la prise en compte des attentes des citoyens est inégalement appréhendée par les sociétés. Et ce, aussi bien en termes de prises de position politiques que de stratégie ESG.

Par exemple, malgré une légère diminution des nominations de femmes en 2021 en France, avec 43 % soit 32 sièges attribués, contre 47 % en 2020 et 50 % en 2019, le pays reste parmi les pays les plus avancés sur la question de la féminisation des conseils d’administration et occupe la première place en Europe en valeur absolue. A contrario, des pays comme la Belgique (31% de nominations de femmes en 2021) ou l’Allemagne (37% de nominations) marquent le pas, avec les proportions les plus faibles d’attributions de sièges à des femmes en Europe en 2021, alors que ces deux pays sont déjà sensiblement en retard sur cette question (avec respectivement 28% et 37% d’administratrices au total).

 

Une timide diversification des profils

 

L’étude souligne, par ailleurs, une ouverture relative des conseils d’administration à de nouvelles typologies de profils. Ce phénomène peut s’expliquer par la volonté des entreprises de faire face à la volatilité de leur environnement et de leur marché en élargissant le spectre des expertises sectorielles et industrielles à leur disposition pour disposer d’une plus grande hauteur de vue sur leurs problématiques.

De même, l’enquête montre que les nominations de profils d’administrateurs d’une nationalité autre que celle de l’entreprise dans laquelle ils sont appelés à siéger sont également en hausse, passant de 40 % en 2020 à 44 % en 2021. Cette dynamique d’ouverture à l’international reste néanmoins à relativiser dans la mesure où une part très minoritaire de sièges est revenue à des personnes non européennes.

"Les nouveaux défis auxquels font face les entreprises dans une économie de plus en plus crisogène, rendent indispensable une évolution en profondeur de la composition des conseils d’administration. S’il est toujours nécessaire de disposer de profils très expérimentés pour orienter la stratégie, il est plus que jamais essentiel d’accélérer les nominations de profils compétents pour faire face aux grandes transitions en cours, qu’elles soient numériques, écologiques ou sociétales", conclut Sylvain Dhenin, directeur général et managing partner de Heidrick & Struggles.

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