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États-Unis ; Inflation ; Récession ; Consommation ; Chômage ; Conjoncture ; Perspectives

Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Inflation / Récession / consommation / Conjoncture

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Vraie-fausse récession pour l'économie américaine ?

Le produit intérieur brut des États-Unis s’est contracté de 0,9 % en rythme annualisé au deuxième trimestre 2022, après une contraction de 1,6 % au trimestre précédent. Une récession technique qui n’inquiète toutefois pas outre mesure les observateurs, du moins pour l’instant.
Selon Joe Biden, le président américain, les États-Unis ne sont pas encore en récession (Aaron Schwartz / XINHUA-REA)
Selon Joe Biden, le président américain, les États-Unis ne sont pas encore en récession (Aaron Schwartz / XINHUA-REA)

Sale temps pour l’économie américaine. Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis s'est de nouveau contracté au deuxième trimestre 2022, accroissant les risques de voir la première économie mondiale plonger dans une crise économique, à quelques mois d’une élection de mi-mandat cruciale pour le président Joe Biden. En rythme annualisé, le PIB recule ainsi de 0,9 % sur la période avril-juin, selon les chiffres officiels publiés jeudi par le département du Commerce (soit 0,2 % en glissement trimestriel simple).

Le département du Commerce précise que le recul du PIB au deuxième trimestre reflète en majorité des baisses d'investissements des entreprises et d'achats de logements de la part des ménages. Le gouvernement fédéral, les États et les administrations locales ont également freiné leurs dépenses.

Par ailleurs, alors que la hausse des prix continue de battre des records – avec une inflation sur un an de 9,1 % en juin – la Fed confirme son virage restrictif.

La Banque centrale américaine, qui a de nouveau augmenté ses taux de trois quarts de point à l'issue de sa réunion ce mercredi, donne ouvertement la priorité à la lutte contre l'inflation. Dans ces conditions et alors que le PIB s’était déjà contracté de 1,6 % au premier trimestre, les risques de récession, voire de stagflation, menacent plus que jamais l'économie américaine.

 

Une récession technique

 

En temps normal, on parle de récession lorsque le PIB d’une économie recule sur deux trimestres d’affilée ou plus. Or, c’est typiquement le cas pour les États-Unis.

Toutefois, la bonne santé d’autres indicateurs laisse planer le doute si oui ou non la première puissance économique mondiale est bien entrée dans une phase de récession. Par exemple, le marché de l’emploi reste toujours aussi solide, avec un taux de chômage avoisinant les 3,6 %, soit un niveau quasiment identique au niveau pré-pandémique. "La situation actuelle ne ressemble pas une récession selon moi", s’est défendu Joe Biden tandis que sa secrétaire au Trésor, Janet Yellen, martelait que l'économie américaine demeurait "résiliente", tout en reconnaissant qu’elle "ralentissait".

"Le taux de chômage est proche de son plus bas niveau en 50 ans. Toutes les mesures salariales que nous suivons sont très fortes. Je ne pense donc pas, qu’à l’heure actuelle, l'économie américaine soit en récession", résume le gouverneur de la Fed, Jerome Powell.

Cependant, pour de nombreux observateurs non-officiels, tout ne serait qu’une question de temps. "Bien qu'il s'agisse d'une récession technique, la Fed a raison de dire que nous ne sommes pas encore dans une vraie récession puisque le chômage est toujours en baisse et que les consommateurs continuent de dépenser, mais cela ne semble être qu'une question de temps", s’inquiète James Knightley, chef économiste chez ING.

 

Une consommation en demi-teinte

 

Les consommateurs ont continué à faire progresser l'économie au deuxième trimestre, mais à un rythme plus lent, car ils ressentent de plus en plus la pression des fortes hausses de prix. Les dépenses de consommation ont augmenté d'un modeste 1 % au deuxième trimestre après avoir enregistré une progression légèrement supérieure de 1,8 % au premier trimestre.

Ainsi, les dépenses en biens se sont contractées de 4,4 %, avec une faiblesse généralisée des biens durables et non durables.

Dans le détail, les dépenses en biens durables ont diminué de 2,6 %, en raison de la faiblesse des dépenses en biens récréatifs, en ameublement et en équipement ménager ainsi qu'en automobile.

Les dépenses en biens non durables ont, quant à elles, connu une forte baisse de 5,5 %, la flambée de l'inflation ayant continué de faire des ravages.

Cette baisse est due à la chute de la demande de produits alimentaires (-11,7 %) et d'essence (-8,5 %). Pour compenser la faiblesse des biens, les dépenses de services ont, au contraire, connu une hausse encourageante de 4,1 % au deuxième trimestre, les consommateurs continuant à satisfaire leur demande refoulée de services pendant l’épidémie de Covid-19.

"Dans un contexte de pessimisme accru des consommateurs, nous pensons que la croissance de la consommation restera sur une trajectoire plus lente au cours du second semestre de l'année, car l'inflation reste élevée, les coûts d'emprunt continuent d'augmenter et les créations d'emplois ralentissent", avance Lydia Boussour, économiste chez Oxford Economics.

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