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Société Générale / Résultats trimestriels / résultats semestriels
La cession de Rosbank gâche la fête chez Société Générale
Maudite guerre en Ukraine. Société Générale a annoncé, ce mercredi, une perte nette de près de 1,48 milliard d’euros au deuxième trimestre, en raison d’une charge exceptionnelle au titre de la cession en mai de sa filiale russe Rosbank au fonds d’investissement Interros, à la suite des sanctions imposées par l’Union européenne à l’encontre de la Russie. Une première depuis deux ans. "Cette cession se traduit par l’enregistrement d’une perte en compte de résultat de 3,3 milliards d’euros avant impôts, largement absorbée dès ce semestre avec un résultat net part du groupe à -640 millions d’euros ", a expliqué le groupe.
Un impact d’autant plus regrettable que hors Rosbank, le résultat de la banque rouge et noire est excellent. Il s’élève à 1,5 milliard d’euros, soit plus qu’au deuxième trimestre l’année dernière. Il dépasse même les attentes du consensus qui visait 1,08 milliard d’euros selon FactSet.
Son produit brut bancaire (PNB) s’établit à 7,07 milliards d’euros, en hausse de 12,8% sur un an (consensus à 6,48 milliards d’euros), porté par l’ensemble des métiers de la banque " qui pour beaucoup d’entre eux affichent des performances record", s’est félicité Frédéric Oudéa, directeur général de la banque lors d’une conférence de presse.
Son résultat brut d’exploitation (EBITDA) s'inscrit en hausse de 21% à 2,6 milliards d’euros.
"Le coût du risque est faible dans tous les métiers", a tenu à préciser Claire Dumas, directrice financière de Société Générale. "En moyenne, il s’établit à 15 points de base au deuxième trimestre et à 27 points de base depuis le début de l’année", ajoute-t-elle. Celui-ci intègre notamment le coût du risque sur les expositions russes, "sur lesquelles nous avons de manière prudente ajouter un overlay d’environ 140 millions d’euros ce trimestre", a poursuivi Claire Dumas.
Dans le détail, l’activité de banque de détail en France, c’est-à-dire le réseau d’agence Société Générale et Crédit du Nord qui fusionneront dès l’année prochaine, affiche une progression de son PNB de 8,5% au deuxième trimestre sur un an à 2,25 milliards d’euros. A noter que Boursorama reste leader de la banque en ligne en France avec 4 millions de clients à début juillet (+35% sur un an), le transfert de la base de client d’ING a entraîné l’acquisition d’environ 134 000 nouveaux clients sur le trimestre.
Les réseaux de banque de détail et services financiers internationaux voient, quant à eux, leurs revenus progresser de 21,4% à 2,3 milliards d’euros par rapport à la même période l’année dernière, portés par ALD et la Banque de détail à l’international qui ont enregistré un trimestre record : cette dernière, par exemple, affiche une croissance de 12,7% au deuxième trimestre.
Enfin, la banque de Grande Clientèle et de Solutions Investisseurs progresse quant à elle de 18,3% à 2,5 milliards d’euros.
Au total, au premier trimestre, Société Générale affiche certes une perte nette de 640 millions mais le résultat net part du groupe sous-jacent s’affiche à 3,1 milliards d’euros, en hausse de 16,3% par rapport au premier semestre 2021 alors que la rentabilité (ROTE) sous-jacente s’établit à 10,8%.
Dans ce contexte, la banque a présenté de nouveaux objectifs à moyen terme et table désormais sur une croissance de ses revenus d’au moins 3% par an en moyenne et sur une ROTE de 10% d’ici à 2025. "Nous avons retenu un scénario de fort ralentissement de la croissance, d’inflation qui baisserait là aussi assez fortement en 2023 après avoir atteint un pic et des taux (courts ou longs) qui diminueraient à partir de la deuxième partie de 2023", a souligné Frédéric Oudéa, qui rappelons-le, ne sollicitera pas de nouveau mandat l’année prochaine.
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