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La Banque centrale chinoise monte au créneau
La Banque populaire de Chine (PBoC) a connu des étés plus calmes. L’institution de Pékin multiplie les interventions sur le plan monétaire. La semaine dernière la Banque centrale chinoise a diminué de dix points de base, à 2,75%, le taux de sa facilité de prêt à moyen terme (MLF), et à 2% celui de ses prises en pension inversées à sept jours (le taux auquel sont rémunérées les banques qui déposent des liquidités en l’échange de collatéral).
L’institut d’émission de la deuxième puissance économique du monde vient d’annoncer d’autres baisses de taux d’intérêt directeurs : le "loan prime rate" (LPR) à un an, qui constitue le taux préférentiel auquel les banques peuvent prêter aux entreprises et aux ménages, passe de 3,70 % à 3,65 %, et celui à cinq ans, référence pour les prêts hypothécaires, de 4,45 % à 4,3 % - un plus bas depuis que ces deux taux d’intérêt ont vu le jour.
"La réduction beaucoup plus importante du taux de cinq ans suggère que la PBoC est particulièrement préoccupée par les problèmes du marché du logement", indique Sheana Yue, économiste chez Capital Economics - la plupart des prêts hypothécaires sont liés au taux des prêts à 5 ans.
Il faut dire que pesant, selon les mesures, entre 18 % et 30 % de l’économie chinoise, le secteur de l’immobilier est dans la tourmente. Alors que les transactions s’effondrent de même que l’investissement résidentiel, de plus en plus de ménages boycottent le paiement de leurs prêts hypothécaires (en réponse à l’interruption de la construction de leur bien par des promoteurs en difficulté et surendettés) - environ 300 milliards d'euros de prêts seraient concernés selon plusieurs estimations.
Ces manœuvres s’inscrivent également dans un contexte où l’Empire du Milieu est sorti d’un énième confinement (le Produit intérieur brut s’est contracté entre avril et juin pour la première fois en deux ans) et voit sa reprise perdre de l’ampleur après un rebond amorcé au début de l’été – le taux de chômage des jeunes s’est envolé vers un plus haut historique.
L’objectif du gouvernement chinois d’une croissance de 5,5 % pour 2022 a par conséquent pris du plomb dans l’aile. Pour cette année, les banques Goldman Sachs et Nomura prévoient, respectivement, une progression de 3 et 2,8 % du PIB chinois. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend, lui, à une augmentation de 3,3 % de la richesse nationale chinoise.
Dans sa volonté de soutenir l'économie, la Banque centrale chinoise pourrait ne pas s'arrêter là. "Tout compte fait, l'impression que nous avons de toutes les annonces récentes de la PBoC est que la politique est assouplie mais pas de façon spectaculaire. Nous prévoyons deux autres baisses de 10 points de base des taux directeurs de la PBOC au cours du reste de l'année", explique Sheana Yue.
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