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Twitter : la plainte qui pourrait tout changer ?
En quittant définitivement le conseil d’administration de Twitter en mai dernier, Jack Dorsey pensait sans doute échapper à la guerre déclarée depuis des mois entre Elon Musk et les actionnaires du groupe et goûter à une certaine tranquillité. Ce ne sera malheureusement pas le cas pour lui.
Les avocats du patron de Tesla et de SpaceX lui ont adressé une assignation à comparaître devant un tribunal du Delaware dans le cadre du procès qui aura lieu à partir du 17 octobre prochain et qui devrait déterminer si le milliardaire sud-africano-américain doit au final racheter ou non de force la plateforme.
But de la manœuvre : obtenir du co-fondateur du réseau social des preuves de l’existence de faux comptes sur le site à l’oiseau bleu ou sur la manière dont celui-ci calcule le nombre de ses utilisateurs actifs.
Rappelons qu’Elon Musk avait, en avril dernier, signé un accord de 44 milliards de dollars pour racheter le réseau social, avant de le rompre brutalement et unilatéralement début juillet. Il avait alors invoqué des mensonges de la part du conseil d’administration de la plateforme sur la proportion de comptes automatisés et de spams qui serait, selon lui, de 10%. De son côté, le réseau social avait affirmé que les faux comptes ou "bots " ne représentaient que 5% des utilisateurs.
Si la question des faux-comptes ne semble pas faire partie des conditions de sortie du contrat de rachat préalablement définies entre les deux parties, les juges du Delaware pourraient cependant y prêter une attention particulière.
Peiter Zatko, ancien directeur de la sécurité informatique de l’entreprise, connu sous son nom de hacker "Mudge" et licencié en janvier dernier, a en effet adressé en juillet une plainte auprès du gendarme boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC) et du ministère de la Justice, dénonçant un certain nombre de pratiques frauduleuses de la part du réseau social.
Outre le fait que Twitter aurait, entre autres, violé les termes d’un accord avec la Federal Trader Commission en prétendant à tort avoir un plan de sécurité solide, le lanceur d’alerte allègue que l’entreprise a donné la priorité à la croissance des utilisateurs plutôt qu’à la réduction du spam.
Et pour cause, les dirigeants pouvaient gagner, selon lui, des bonus individuels pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de dollars liés à l’augmentation du nombre d’utilisateurs quotidiens. Le directeur général de Twitter, Parag Agrawal, aurait donc menti lorsqu’il a tweeté en mai que la société était " fortement incitée à détecter et à supprimer autant de spam que possible ".
Des accusations que la porte-parole du réseau social, Rebecca Hahn, a qualifiées comme étant "criblées d’inexactitudes " mais qu’Elon Musk s’est bien sûr empressé de relayer hier… sur Twitter.
A noter tout de même que dans le doute d’une éventuelle condamnation par le tribunal à forcer la vente du réseau social, le milliardaire a cédé, début août pour près de 7 milliards de dollars d’actions Tesla.
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