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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Banque centrale européenne / taux d'intérêt

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François Villeroy de Galhau / Banque centrale européenne / taux d'intérêt

ukraine Taux : François Villeroy de Galhau plaide pour la neutralité à l’automne

UKRAINE. À Jackson Hole, le gouverneur de la Banque de France a jugé pertinent de placer le taux de dépôt de la Banque centrale européenne à un niveau compatible avec l’absence d’accommodement monétaire avant la fin de l’année. Affaiblie depuis la dernière réunion du Conseil des gouverneurs, le Français a également posé les bases d’une forward guidance dépoussiérée.
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Eric TSCHAEN/REA
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Eric TSCHAEN/REA

C’est dans le Wyoming, à Jackson Hole, que François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a effectué sa rentrée médiatique. C’est la première fois que le grand argentier participait au rassemblement annuel des banquiers centraux organisé par la Réserve fédérale de Kansas City. Il en a profité pour donner ses vues sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

 

Neutralité pour l'automne

 

D'après François Villeroy de Galhau, l’accommodement monétaire qui découle du niveau actuel des taux d’intérêt devrait prendre fin cette année. Le taux de dépôt, aujourd’hui à 0 %, devrait ainsi se situer entre 1 et 2 %, estime le gouverneur de la Banque de France. Pour rappel, il s’agit de la fourchette au sein de laquelle se trouve le niveau estimé du taux neutre en zone euro (à cet étiage, le taux d’intérêt n’a en théorie ni effet restrictif, ni effet expansionniste sur l’activité économique).

"Selon moi, nous pourrions atteindre ce stade avant la fin de l’année, après avoir franchi une nouvelle étape importante en septembre", a avancé François Villeroy de Galhau, qui semblerait être plutôt favorable à une nouvelle hausse de 50 points de base (comme en juillet) lors de la réunion du Conseil des gouverneurs du 8 septembre, quand certains de ses collègues "faucons" n’écartent pas une hausse de 75 points de base.

Si placer le taux de dépôt au niveau neutre est un pas important dans le processus de normalisation, rappelons que l'institution de Francfort n'a pas encore prévu d'ajuster à la baisse la taille de son bilan titanesque (8.750,7 milliards d'euros au 19 août), taille qui a un impact accommodant sur les conditions financières en zone euro. "Je ne peux pas vous raconter ce que mes collègues vont dire lors de la réunion de septembre, mais je n'exclurais pas que quelqu'un soulève cette question", avait déclaré il y a quelques jours Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE.

 

Forward guidance réinventée

 

Lors de sa dernière réunion, la BCE s’était dédite, augmentant les taux de 50 points de base, alors qu’elle avait annoncé quelques semaines plus tôt une hausse de 25 points de base. Ce coup de poignard dans sa forward guidance (indications sur l’orientation future de la politique monétaire), précieux outil sur lequel elle a pu compter durant toutes ces années de politique monétaire non-conventionnelle, avait quelque peu interpellé les marchés : après tout, n’était-ce pas là mettre en péril sa crédibilité que de revenir sur ses déclarations ?

La communication de l’institut d’émission devrait être appelée à évoluer, a reconnu François Villeroy de Galhau. "Dans la phase actuelle de normalisation, le besoin d’une forward guidance détaillée et la marge de manœuvre pour cela sont bien moindres : nous ne nous situons plus au plancher effectif des taux d’intérêt et nous revenons à notre fonction de réaction plus normale – et ce d’autant plus dans l’environnement incertain qui prévaut aujourd’hui", a-t-il expliqué.

Rappelant que Christine Lagarde, présidente de la BCE, a "mis l’accent sur l’optionalité en fonction des données, et sur une prise de décisions réunion par réunion", le grand argentier a estimé que "plus nous nous montrons ouverts s’agissant de la trajectoire, plus nous devons être engagés quant à la destination du voyage". Et le banquier central de recourir à une métaphore médicale. "Si vous êtes hospitalisé, il est certes désagréable de ne pas savoir combien de temps vous allez le rester. Mais vous ne voulez sûrement pas être soigné par un docteur qui décide de vous garder sept jours, quelle que soit l’évolution de votre maladie. Vous préférerez sans aucun doute qu’il s’engage fermement à vous guérir", a-t-il illustré.

 

La normalisation, fin du chemin ?

 

La décision du Conseil des gouverneurs de placer ou non le taux d’intérêt en territoire restrictif, et ainsi appuyer sur la pédale de frein après avoir levé le pied de l'accélérateur, se basera sur "l’inflation observée et [les] perspectives d'inflation, en nous concentrant en particulier sur sa composante sous‑jacente et sur les évolutions des salaires", a fait valoir le Français. "N’ayez aucun doute sur le fait que nous, à la BCE, porterions si nécessaire les taux directeurs au-delà de la normalisation : ramener l’inflation à 2 % est notre responsabilité ; notre volonté et notre capacité à remplir notre mandat sont inconditionnelles", a-t-il lancé.

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