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Moscou; Cartel; hydrocarbures

Macro-économie / Taux / Opep+ / AIE / pétrole

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L'or noir dans l'expectative

Les récents rapports mensuels de l'Agence Internationale de l'Énergie et de l'Organisation des pays producteurs s'accordent sur une demande de pétrole qui ne repart pas à la hausse en cette fin d'année. La situation géopolitique et une croissance bridée ne permettent pas d'envisager d'évolutions avant le début de l'année prochaine.
Terminal pétrolier en Arabie Saoudite. Hans Juergen Bukard/LAIF-REA
Terminal pétrolier en Arabie Saoudite. Hans Juergen Bukard/LAIF-REA

"Les chiffres de l'offre et de la demande n'ont guère été modifiés". Le commentaire placide de Warren Patterson, Head of Commodities Strategy pour ING, résume bien l'état d'esprit suite à la publication du dernier rapport mensuel en date de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep). La croissance de la demande mondiale de pétrole pour l'année en cours est restée la même à 3,1 millions de barils par jour (bpj) et le chiffre avancé pour 2023 est également toujours 2,7 millions bpj. Si une production en augmentation de 618 millions de bpj  en glissement mensuel est observée au sein de l'Opep, Warren Patterson rappelle qu'elle "est principalement due à la Libye [...la production ayant repris après des mois de perturbations".

Le Cartel espère que les révisions à la baisse en cette fin d'année ne seront finalement qu'un report à 2023 de la hausse de la consommation. "La demande pétrolière en 2023 devrait être soutenue par [...] de possibles améliorations des restrictions liées au COVID-19 et une diminution des incertitudes géopolitiques" avançait-elle ce mardi. En particulier pour les États-Unis et la Chine qui après avoir connu des difficultés économiques ces derniers mois "vont probablement se reprendre au second semestre". Une dynamique qui pourrait alors se prolonger.

 

Incertitude à l'horizon

 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prédit une fin d'année où la hausse de la demande de pétrole serait moindre qu'espérée; sa prévision de croissance pour 2022 a ainsi été révisée à la baisse de 110 000 barils par jour (bpj), ce qui la place à une moyenne de 2 millions de bpj. L'estimation de l'agence reste néanmoins inchangée concernant l'année prochaine avec une hausse anticipée de 2,1 millions de bpj.

 Craig Erlam, analyste de marché pour OANDA, avertit cependant qu'en "fin de compte, les perspectives sont fortement susceptibles d'être révisées compte tenu de l'évolution encore rapide de l'environnement". Il estime que "malgré la résilience de l'économie jusqu'à présent, une récession peut encore être envisagée, car le cycle de resserrement risque de la pousser à bout", ce qui ne serait pas sans conséquence majeure sur la demande en hydrocarbures.

 

Retour au calme

 

Néanmoins l'institution observait le mois dernier que les prix du gaz naturel et de l'électricité "ont atteint de nouveaux records, incitant certains pays à passer du gaz au pétrole. Les dernières données confirment l'augmentation de la consommation de pétrole dans la production d'électricité, notamment en Europe et au Moyen-Orient, mais aussi en Asie". Un changement qui était aussi observé "dans l'industrie européenne, y compris dans le raffinage".

Aujourd'hui c'est davantage la "détérioration de l'environnement économique et les blocages récurrents de Covid en Chine " qui sont mis en avant au motif qu'ils "continuent de peser sur le sentiment du marché". "La forte utilisation de pétrole pour la production d'électricité au Moyen-Orient et en Europe" évoquée en août continue d'être à l'œuvre.



Moscou en arbitre

 

Concernant les développements du conflit entre la Russie et l'Ukraine, il semble que les sanctions contre Moscou soient arrivées au bout de l'effet qu'elles peuvent produire. L'AIE révèle que "la production et les exportations russes de pétrole ont bien résisté, les niveaux d'août n'étant inférieurs que de 400 000 à 450 000 b/j à ceux d'avant-guerre". La baisse de "2 mbj des expéditions de brut et de produits pétroliers russes vers l'Europe, les États-Unis, le Japon et la Corée" aurait été compensée en partie par une redistribution "des flux vers l'Inde, la Chine, la Turquie et d'autres pays".

Une attention toute particulière est à porter néanmoins à  "l'embargo de l'UE sur les importations de pétrole brut et de produits russes, qui entrera en vigueur respectivement en décembre 2022 et en février 2023, devrait entraîner des baisses plus importantes". Ce qui devrait aussi de facto des débouchés vers des pays plus conciliants avec le régime de Vladimir Poutine. L'AIE estime que l'effet conjugué de ces phénomènes devrait conduire à une diminution des exportations russes de l'or noir à hauteur de 1,9 mb/j en février 2023 en glissement annuel.

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