Macro-économie / Taux / Inflation / Haut Conseil des finances publiques / LFI
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Inflation / Haut Conseil des finances publiques / LFI
La dette publique sujette à l'inflation
"Il est évident que la charge de l'inflation doit être équitablement répartie". Ces propos tenus par Bruno Le Maire lors de la Rencontre des entrepreneurs de France témoignent bien de la préoccupation que représente le coût du phénomène. Axelle Lacan, macro-économiste au sein du Haut Conseil des finances publiques a rappelé récemment que certes l'inflation a la réputation de diminuer la charge de la dette en permettant de diminuer le poids des dettes passées, ce qui n'empêche aucunement que "les mesures de soutien mises en œuvre par le Gouvernement vont creuser le déficit public".
Un autre phénomène dont l'effet sur la dette est compliqué à apprécier pointe également le bout de son nez; il s'agit de "la perte de croissance associée" à ce phénomène inflationniste. En conjuguant la totalité "des impacts de l’inflation sur la dette publique", Axelle Lacan aboutit au résultat "que le surcroît d’inflation enregistré depuis la LFI pour 2022 pousserait à la hausse, et non à la baisse, le ratio de dette publique, de l’ordre de 1,2 point de PIB en 2022".
Un résultat qui contraste considérablement avec la croyance qu'une "inflation plus forte réduit le poids de la dette héritée du passé", qui se révèle vraie mais à court terme. Ainsi si l’économiste estime que "l'impact "mécanique" total sur le ratio de dette publique peut ainsi être estimé à 1,4 point". Elle rappelle que "d’autres facteurs doivent être pris en compte".
À double tranchant
Au-delà du coût des mesures de soutien gouvernementales et d'une croissance en berne, il y a le risque d'une hausse de la charge d’intérêts. Concernant les dépenses exceptionnelles effectuées par le gouvernement, en amalgamant compensation aux fournisseurs d'énergie, chèques exceptionnels et autres mesures de soutien, Axelle Lacan aboutit à des effets sur la dette publique qui "alourdissent le ratio de dette publique d’1,2 point de PIB en 2022".
Concernant la hausse de la charge de la dette, le gouvernement prévoit dans la première mouture du projet de loi de finances rectificative 2022, "un effet haussier sur le ratio de dette publique de l’ordre de 0,5 point". L'effet délétère d'une croissance en berne est quant à lui chiffré comme "un effet haussier sur le ratio de dette publique rapportée au PIB estimé à 1,0 point".
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