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Ukraine; Russie; chauffage, énergies fossiles

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ukraine Gaz : l'Europe passera-t-elle l'hiver 2024 ? / Le Vieux continent doit sécuriser son approvisionnement énergétique à moyen terme

UKRAINE. L'Agence internationale de l'énergie dévoile un scénario où l'Union européenne connaîtrait un déficit de 30 milliards de mètres cubes de gaz, l'été prochain. Un scénario qui tient compte à la fois d'un arrêt total par la Russie de ses livraisons via des gazoducs et de la hausse des prix induites par un rebond de l'économie chinoise. Les réserves européennes pourraient ainsi n'être pleines qu'à 65 %, contre près de 95 % actuellement.
La demande de GNL en provenance de la Chine pourrait bien mettre en difficulté l'Europe dans les prochaines années. /ZUMA Press/ZUMA/REA
La demande de GNL en provenance de la Chine pourrait bien mettre en difficulté l'Europe dans les prochaines années. /ZUMA Press/ZUMA/REA

"Nous sommes loin d'être sortis d'affaire", a résumé Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), en commentant le récent rapport de l'AIE. Ce dernier appelle à la prudence arguant qu'avec "le récent temps doux et la baisse des prix du gaz, il y a un danger de complaisance qui s'insinue dans la conversation autour des approvisionnements en gaz de l'Europe".

Un constat qui trouve sa source dans l'étude des "dernières tendances et les développements probables sur les marchés mondiaux et européens du gaz" et qui fait dire à l'institution "que l'Europe sera confrontée à un défi encore plus grand l'hiver prochain". Fatih Birol et ses équipes pressent en conséquence les gouvernements de "prendre des mesures immédiates pour accélérer les améliorations de l'efficacité énergétique et le déploiement des énergies renouvelables et des pompes à chaleur, ainsi que d'autres mesures visant à réduire structurellement la demande de gaz".

 

Changer de structure

 

Des mesures que l'AIE présentera en temps voulu, via "un plan visant à sécuriser l'équilibre gazier de l'Europe pour l'hiver prochain, en montrant les actions politiques concrètes nécessaires pour que les sites de stockage soient remplis à 95 %". Sa mission et son intention étant de continuer "à travailler en étroite collaboration avec la Commission européenne et les gouvernements d'Europe et d'ailleurs pour aider à relever ces défis".

Il s'agit non pas uniquement de passer un hiver ou un autre mais bel et bien de "réduire structurellement la consommation de gaz". Puisque les conditions qui ont permis à l'Europe de faire main basse sur le gaz naturel liquéfié (GNL) cet été, pourraient bien ne plus se présenter. L'AIE n'en pense pas autrement puisqu'à ses yeux "certains des facteurs qui ont aidé l'Europe en 2022 ne seront probablement pas aussi favorables en 2023".

 

Le retour de l'Empire du Milieu

 

Le prochain bouleversement majeur sur la scène énergétique pourrait effectivement ne pas provenir de la guerre en Ukraine. Le rapport de l'AIE parle d'importations de GNL de la Chine qui "pourraient rebondir l'année prochaine pour s'approcher de leurs niveaux de 2021, à mesure que la croissance économique reprend après les blocages liés à la Covid. Cela permettrait de capter plus de 85 % de l'augmentation prévue de l'offre mondiale de GNL". Une situation préoccupant pour le Vieux continent et d'autant qu'une "grande partie a de toute façon déjà fait l'objet de contrats avec la Chine, limitant ainsi la quantité de cargaisons de GNL disponibles pour le marché européen en 2023".

La seule arme budgétaire ne pourra donc pas à long terme sauver l'Europe et ses approvisionnements énergétiques. Les autres sources d'approvisionnements disponibles étant déjà sous tension. L'AIE prend l'exemple de l'Algérie, le pays du Maghreb "a augmenté ses approvisionnements par gazoduc vers l'Europe de plus de 10 % (soit 3 milliards de m3) sur les voies d'exportation disponibles au cours des dix premiers mois de l'année, et dispose d'un potentiel de croissance limité". Ce qui rend d'autant plus crucial pour l'Union européenne d'arriver à se lancer définitivement dans la transition climatique, afin de diversifier son mix énergétique.

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