Macro-économie / Taux / gaz / hiver / 2023
Macro-économie / Taux
gaz / hiver / 2023
L’Europe va devoir continuer à se serrer la ceinture /
Sa demande en gaz doit continuer à baisser en vue de l’hiver 2023
La sécurité énergétique de l’Union européenne (UE), à court terme, dépendra avant tout de ses efforts pour préparer le prochain hiver. Un impératif qui fait dire au think tank Bruegel que "l’UE devrait donc prolonger son objectif de réduction de la demande, qui doit actuellement expirer le 31 mars 2023."
En effet, autant Bruxelles peut maîtriser cette variable, autant elle pourra difficilement jouer sur l’offre disponible de gaz naturel liquéfié. Ainsi, Bruegel estime que si "les plans de déploiement rapide d’unités de regazéification atténueront les inquiétudes concernant la capacité des infrastructures d’importation de GNL", il n’en reste pas moins que " l’UE continuera à être en concurrence avec d’autres pays pour les cargaisons de GNL et restera vulnérable à la dynamique mondiale." Le péril chinois, dont les effets de la réouverture sont encore très incertains, est jugé comme pouvant "resserrer davantage les marchés", au grand dam du Vieux continent.
Aléas à la pelle
Pour le moment, les précédentes diminutions de la demande en ce qui concerne le "gaz industriel n’ont pas été accompagnées de chutes spectaculaires de la production industrielle, ce qui laisse supposer que les options de substitution sont bonnes". Néanmoins, le think thank présidé par Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, avertit que si "tout le gaz du gazoduc russe cesse d'affluer", l’effort de réduction de la consommation de l’UE devrait être poussé à 20 % .
Ce alors que "les variations de température exigeraient des réductions plus ou moins importantes" et que le Vieux continent peut difficilement les anticiper. Cela rend d’autant plus important le fait de ne pas considérer le dernier hiver comme étant la norme, et fait arguer à Bruegel que "la politique doit veiller à ce que la tentation de réduire les volumes de stockage pendant l’hiver 2022-23 ne l’emporte pas. Sinon, l’été 2023 sera probablement marqué par un retour à des prix du gaz très élevés lorsque le stockage sera rempli - une répétition des pics de prix de l’énergie en août et septembre 2022".
Un espoir à cultiver
Malgré toutes ces incertitudes, plusieurs lueurs d’espoir pointent le bout de leur nez comme le fait que "le secteur de l’électricité n’a pratiquement pas économisé de gaz l’année dernière, en raison de la faiblesse de la production nucléaire et hydraulique". Dans cet environnement un " retour de la production nucléaire française sera donc un énorme avantage", avance Bruegel.
Dans un autre domaine, le think thank espère que les politiciens vont continuer à "soutenir la poursuite de la transition structurelle vers le gaz". Ce qui permettrait le "déploiement rapide des énergies renouvelables et de l’infrastructure de réseau correspondante, de prendre des mesures d’efficacité énergétique, d’aider les ménages qui souhaitent passer à un chauffage plus propre et de collaborer avec l’industrie pour accélérer l’adoption de nouvelles méthodes de production à faible émission de carbone."
Un autre défi politique sera d’arriver au niveau européen à "faire la transition entre le régime d’urgence de remplissage des stockages de 2022 et une approche plus efficace basée sur le marché." ; cela passera vraisemblablement par une coordination européenne qui serait la plus à même de ne pénaliser aucun pays dans ses achats de gaz. Les achats conjoints de gaz par l’intermédiaire de la plateforme énergétique de l’UE, sont ainsi qualifiés de "pas dans la bonne direction". Cette plateforme est estimée comme pouvant "être responsable d’une part importante (plus de 50 %) du gaz pompé dans les stocks à l’été 2023".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

