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Zone euro / activité économique / Inflation
Zone euro : l’activité économique poursuivrait sa chute /
L’ampleur de la contraction serait inédite depuis deux ans
En zone euro, la situation économique s’aggraverait encore un peu davantage.
Au cours du mois d’octobre, l’activité économique privée des Dix-neuf aurait enregistré une contraction record depuis vingt-trois mois, avance l’enquête mensuelle de S&P Global auprès des directeurs d’achats (PMI). Il faut ainsi remonter aux seconds confinements (novembre 2020) mis en place pour lutter contre la propagation de la Covid-19 pour retrouver un tel recul de l’activité (hors pandémie, c’est inédit depuis le premier semestre 2013). L’indice PMI Composite s’affiche à 47,3 points, après 48,1 points en septembre (en dessous de 50 points, l’économie serait en phase de contraction).
D’après l’enquête, la baisse de l’activité dans son ensemble s’est renforcée sous l’effet conjugué de la détérioration de la situation dans le secteur manufacturier (indice PMI à 46,4 contre 48,4 en septembre) et de celui des services (indice à 48,6 contre 48,8).
D’une part, les entreprises paient la forte hausse des prix à la consommation (elle a atteint 10,7% sur un an en octobre) nourrie principalement par l’explosion des prix de l’énergie qui pénalisent les dépenses des ménages. La détente que l’on observe sur les marchés de gros énergétiques ne se répercuterait pas avant plusieurs mois sur les prix de détail, indiquent les spécialistes. D’après la Banque centrale européenne (BCE), le pic d’inflation devrait se produire cet automne (9,2% en moyenne sur le dernier trimestre). D’autre part, le ralentissement de la croissance mondiale lié à un ensemble de facteurs dont le resserrement des conditions financières, pèse sur la demande étrangère adressée au secteur manufacturier.
"La conjoncture industrielle dépendra fortement de l’évolution des marchés de l’énergie pendant les mois d’hiver. Si la période de redoux observée actuellement en Europe est de bon augure pour les prix de l’énergie, les cours du gaz ayant reculé sur les marchés de gros, un hiver très rigoureux et la nécessité de rationner la consommation de gaz auraient de lourdes conséquences sur les niveaux de production", estime Joe Hayes, économiste senior chez S&P Global Market.
Point positif : malgré la détérioration de la conjoncture globale, les dernières données de l’enquête ont signalé une vingt et unième hausse mensuelle consécutive des effectifs dans les entreprises du secteur privé de la zone euro. Si la croissance de l’emploi s'établit à un rythme "soutenu", le taux de création de postes a cependant atteint l’un de ses plus faibles niveaux des derniers dix-huit mois, rapporte l'enquête. Il n’empêche qu’en septembre le taux de chômage de la zone euro a affiché un plus bas historique (6,6%).
Toujours est-il qu’"après les faibles performances économiques mises en évidence au troisième trimestre par les données PMI comme par les données officielles, les résultats de l’enquête PMI d’octobre annoncent une récession de la région dans les mois à venir", explique Joe Hayes. Au troisième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,2% par rapport à la période allant d’avril à juin. Selon la BCE, le PIB devrait baisser au quatrième trimestre, puis stagner entre janvier et mars 2023. La reprise aurait lieu au printemps prochain avec une croissance de 0,4 %.
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