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Zone euro / activité économique / PMI
Zone euro : la thèse d’une « récession douce » prend de l’ampleur /
L’activité économique ne décroît plus que faiblement
La zone euro a moins mal fini l’année que l’on aurait pu le craindre. Si l’activité économique a continué d’évoluer en territoire de contraction lors du mois de décembre (la hausse des taux d’intérêt et la baisse du pouvoir d’achat des Européens sont pointées par les entreprises), sa décroissance fut la plus faible depuis le mois de juillet, d’après l’enquête menée par S&P Global auprès des directeurs d’achats.
L’indice PMI Composite (il regroupe le secteur manufacturier et celui des services) a atteint 49,3 points en décembre – un chiffre inférieur à 50 points dénote un recul de l’économie en glissement mensuel (après 47,8 points en novembre). C’est le second mois consécutif que l’activité décroît moins vite.
Cela laisserait espérer "un ralentissement économique moins marqué qu’initialement anticipé", indique Joe Hayes, senior economist chez S&P Global Market Intelligence. Un sentiment que partagent les économistes d’Oxford Economics et de Nomura. "Les raisons de l'amélioration des perspectives sont claires […]. Les prix du gaz se sont refroidis depuis les sommets atteints en août, l'hiver européen a été anormalement chaud pour la saison et les niveaux de stockage de gaz remarquablement élevés ont permis d'éviter les pannes d'électricité", explique-t-on ainsi au sein de la banque japonaise, qui note qu’il est également clair que "les gouvernements ont l'intention de réagir avec force afin de protéger les consommateurs et les entreprises de la hausse des prix de l'énergie, avec plus de 500 milliards d'euros déjà engagés dans l'Union européenne".
Ce serait l’atténuation des tensions sur le front des prix qui se cacherait derrière cette moindre contraction de l’activité en décembre.
En effet, d’après l’enquête, si les prix payés par les entreprises du secteur privé de la zone euro ont de nouveau fortement crû, ils ont toutefois connu leur plus faible hausse depuis dix-neuf mois, l’inflation des coûts ayant ralenti dans le secteur manufacturier comme dans celui des services.
En face, la hausse des prix facturés a de nouveau ralenti en décembre et affiché son rythme le plus faible depuis un an. "La décélération particulièrement marquée de la hausse des prix dans le secteur manufacturier est de bon augure pour les autres secteurs de l’économie de la région, celle-ci ayant toutefois résulté d’une relative accalmie des turbulences sur les marchés européens de l’énergie en cette fin d’année 2022", explique Joe Hayes.
La Banque centrale européenne (BCE) anticipe une baisse du Produit intérieur brut (PIB) au dernier trimestre 2022 et au premier trimestre 2023. Il diminuerait de 0,3% sur l'ensemble du semestre. Pour rappel, le recul du PIB avait atteint 14,5% lors du premier semestre 2020 alors que la pandémie atteignait son paroxysme.
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