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Macro-économie / Taux / Zone euro / activité économique / Inflation

Macro-économie / Taux
Zone euro / activité économique / Inflation

L’économie européenne connaît quelques tracas / Les pressions inflationnistes s’en trouvent amollies

En juillet, l’activité de la zone euro aurait reculé à une vitesse inédite depuis décembre 2022, d’après S & P Global. Les déboires auxquels fait face le secteur manufacturier se transmettent peu à peu au reste de l’économie, ce pour le plus grand malheur des pressions inflationnistes qui enregistreraient un déclin généralisé.
Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L’économie de la zone euro commence bien mal le troisième trimestre. Alors qu’elle a frôlé la récession l’hiver dernier (son Produit intérieur brut a stagné au dernier trimestre 2022 puis a stagné au premier trimestre 2023), l’activité économique des vingt pays partageant la monnaie unique aurait enregistré, en juillet, sa pire contraction depuis décembre dernier, d’après l’enquête mensuelle menée conjointement par S & P Global Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI).

L’indice PMI Composite qui regroupe le secteur manufacturier et des services, s’est établi à 47,8 points ce mois-ci, contre 48,8 points en juin (le seuil de 50 points délimite l’expansion de la contraction).

"Talon d’Achille de la zone euro, le secteur manufacturier s’est à nouveau contracté en juillet, la baisse de la production s’étant en outre accélérée au cours du mois", explique Cyrus de la Rubia, chef économiste chez Hamburg Commercial Bank. L’indice PMI du secteur a atteint 48,9 points en juillet, contre 49,9 points le mois dernier. L’industrie paierait le ralentissement de la demande mondiale et, compte tenu de son importante intensité capitalistique, la forte hausse des taux d’intérêt directeurs que la Banque centrale européenne (BCE) a menée depuis un an (400 points de base).

Les services, quant à eux, s’ils n’évoluent pas en territoire de contraction, ont vu leur croissance significativement fléchir (51,1 contre 52 points en juin, un plus bas de six mois). "La publication d’aujourd’hui confirme que la détérioration des conditions macroéconomiques est bien engagée et qu’elle s’étend de l’industrie manufacturière à d’autres secteurs", avance Paolo Grignani, économiste senior chez Oxford Economics, qui juge que le risque d’une légère contraction du PIB de la zone euro au troisième trimestre augmente.

"Le secteur des services n’apporte pas un soutien suffisant pour compenser la faiblesse du secteur manufacturier", estime Paolo Grignani. La BCE, elle, anticipe une progression du PIB de 0,3 % au troisième trimestre puis de 0,4 % entre octobre et décembre.

 

Contrepartie positive

 

Comme l’on pouvait s’en douter, les difficultés rencontrées par l’activité économique du Vieux continent ne sont pas sans induire une amélioration de la situation sur le front de l’inflation. C’est en tout cas ce que suggèrent les témoignages des directeurs d’achats.

"Freinée par un renforcement de la déflation dans l’industrie manufacturière et par une modération de l’inflation dans le secteur des services, la hausse des prix payés a ralenti pour un dixième mois consécutif. Elle a ainsi affiché son rythme le plus faible depuis novembre 2020, celui-ci s’étant à nouveau replié par rapport à sa moyenne de long terme", rapporte ainsi l’enquête. Tant et si bien que les prix moyens facturés par les entreprises privées de la zone euro ont enregistré leur plus faible hausse depuis vingt-neuf mois.

Attention, il faut s’arrêter en détail sur l’évolution de la situation dans le secteur des services. En effet, ce dernier fait l’objet d’une attention toute particulière chez les banquiers centraux alors qu’il représente plus de 60 % du panier de consommation de l’Européen moyen (énergie et alimentation exclues) ; ce sont ainsi les variations de ses prix qui détermineront si la victoire contre l’inflation est proche (sur un an, les prix à la consommation des services ont progressé de 5,4 % en juillet, un record).

Il ressort de l’enquête que "les prix payés par les entreprises du secteur des services ont continué d’augmenter à un rythme nettement supérieur à leur moyenne de long terme, poussés à la hausse par les frais salariaux [la BCE avait mis en garde sur ce point dans ses dernières prévisions, ndlr] ". Toutefois, la croissance des prix payés a ralenti pour un cinquième mois consécutif, son taux s’étant de plus replié à son plus faible niveau depuis mai 2021. Rassurant là encore : la hausse des prix facturés a elle aussi ralenti par rapport à juin, l’augmentation des tarifs signalée en juillet ayant été la plus faible depuis octobre 2021.

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